« Cyrano de Bergerac, l’écrivain de la crise », de Jacques Prévot

Cyrano de Bergerac, L' écrivain de la crise

> Le livre : Cyrano de Bergerac, l’écrivain de la crise, de Jacques Prévot, éditions Ellipses, 311 pages, 24 €.

> Présentation : Avant d’être le personnage haut en couleur mis en scène par Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (1619-1655) fut un écrivain du XVIIe siècle, épris de liberté, de science et d’aventure. Comme dans la pièce de théâtre éponyme, ce héros au long nez n’a pas eu, au cours de sa brève existence, la vie dont il a rêvé. Fils d’un simple bourgeois, il refuse que ses origines familiales l’empêchent de mener les aventures auxquelles il aspire. Il entre chez les Cadets de Gascogne et multiplie les duels. Derrière cette image d’homme d’action, participant aux événements historiques qui ont marqué le premier XVIIe siècle, se trouve un libertin, c’est-à-dire un libre penseur qui a lutté avec passion contre les vérités toutes faites, l’intolérance et les excès d’autorité des puissants de son époque. S

[Cette critique a été rédigée par Lacazavent, auteur du blog Des cases à vent que nous vous invitons à découvrir]

 

> Ce livre contrairement à ce que l’on pourrait en penser si l’on s’arrête à la quatrième de couverture n’est pas une simple biographie. Il est bien plus, bien plus riche et bien plus complexe. Découvrir ce Cyrano de Bergerac fut d’abord pour moi l’occasion de renouer avec des souvenirs d’anciennes lectures. Des souvenirs de lycée, Cyrano, je l’ai découvert avec le livre d’ Edmond de Rostand ce n’est que par suite j’ai été voir de plus près ses écrits.

Après un début de lecture un peu difficile à appréhender et un premier chapitre qui à mon sens tiendrait plus lieu de préface ou d’introduction, j’ai pu partir à la suite de cet homme et de ses aventures qui furent parfois pour le moins picaresque.

Si j’ai été désarçonné par ce livre ce fut principalement par sa construction et les orientations prises par Jacques Prévot pour nous conter la vie de Cyrano de Bergerac. Plus qu’ à l’homme même, c’est avant tout à l’homme en tant qu’ auteur que s’intéresse ce livre, à ce qui a fait de Cyrano de Bergerac l’écrivain qu’ il fut. On part à la poursuite d’une image, les chapitres sont une succession d’aventures qui, de prime abord, ne suivent pas un ordre chronologique. La force de ce livre est de replacer Cyrano de Bergerac dans une série de thématiques et de retracer les relations qu’a pu entretenir cet homme avec son temps (le contexte historique troublé de l’époque fait l’objet de nombreux rappel).

Jacques Prévot s’arrête ainsi sur l’Histoire, le corps, l’esprit, sur les progrès de la science, sur les amis qui ont entourés Cyrano de Bergerac. Il apporte ainsi un éclairage vraiment passionnant et très  intéressant sur une oeuvre. Mais ce qui est un atout devient aussi le principal défaut du livre : s’ il y est beaucoup question des écrits de Cyrano de Bergerac et des influences sur son écriture, le récit de  sa vie, lui, est extrêmement dispersé dans le texte, dilué, presque perdu dans l’analyse. C’ est un livre qui ne laisse qu’entrevoir ce que fut la vie de Cyrano de Bergerac. C’est un peu dommage.

La lecture est assez exigeante, elle semble s’adresser à un public plutôt avertis ou du moins extrêmement curieux. Le rabat de couverture avec les rappels historiques me fut par ailleurs très utile.

Reste encore un mystère pour moi : qu’est-ce exactement « Faire l’aveu et le dénombrement (de biens)…»  p.16 ?

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :



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3 Responses to « Cyrano de Bergerac, l’écrivain de la crise », de Jacques Prévot

  1. Lydia dit :

    Voilà un livre qui me semble intéressant. Je l’inscris dans ma liste !

    • Vincent dit :

      @ Lydia : je m’adresse cette fois-ci à la médiéviste, car je me dis que savez peut-être ce que veut dire « faire l’aveu et le dénombrement ». Je dirais que c’est lorsqu’un vassal atteste officiellement des terres qu’il tient de son suzerain et en fait le détail… mais ai-je raison ?

  2. Lydia dit :

    @ Vincent : Vous avez raison Vincent. C’était une déclaration écrite répertoriant les biens donnés par le seigneur. Souvent employée comme expression, « l’aveu » et le « dénombrement » étaient pourtant deux choses séparées à la base. L’aveu avait plus une connotation de reconnaissance tandis que le dénombrement était matériel.

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