« Crevez charognes », d’Herbert Pastorius – 1

Crevez charognes

> Le livre : Crevez charognes de Herbert J. Pastorius, éditions de l’Abat-Jour, 294 pages, 6 € en PDF, 12 € en format papier.

> Le pitch : Polar foutraque de science-fiction nihiliste. Il pleut en permanence sur Delta-02, la plus délabrée de toutes les villes verticales, agrégat sordide de buildings d’affaires et d’immeubles en ruines ; dans un monde où les ségrégations ethnique et sociale sont de mises, la sécurité règne en maître et la violence a disparu. Une nouvelle catégorie de personnes, les vics pour victimes, sert de défouloir à la population, à condition d’y mettre le prix : leur travail consiste à subir toutes les violences possibles durant des séances rémunérées, au cours desquelles ils perdent bien souvent la vie.

[ Cette critique a été rédigée par Karline, auteur du blog Un brin de lecture, que nous vous invitons à découvrir.  A noter que Crevez charognes va prochainement être chroniqué par deux autres blogueurs partenaires des Agents litttéraires. Rendez-vous, donc, prochainement sur notre site  pour connaître leur avis]

> C’est une grande première pour moi de découvrir un e-book et franchement, cela m’a plus dérangée qu’autre chose, j’avoue être personnellement très attachée au livre en tant qu’objet et cela m’a manqué. De plus, lire sur l’ordinateur, ce n’est pas très pratique et extrêmement fatigant.

En ce qui concerne le récit, on pénètre ici dans une oeuvre de science-fiction particulièrement noire et souvent même glauque. L’auteur met en scène les pires instincts de la nature humaine et le vocabulaire et les tournures de phrases peuvent parfois paraître choquantes, mais elles restent tout à fait adaptés au récit…

En tous points, ce récit est choquant et c’est aussi la finalité de cette oeuvre, mettre le doigt là où cela fait mal et remettre en cause une société et des comportements. On est bien évidemment dans une fiction tout à fait rocambolesque mais de temps en temps, cela se rapproche sous certains aspects tellement de faits réels que cela peut devenir effrayant !

Malheureusement, on ne parvient pas vraiment à s’attacher à ses deux personnages que sont Garret et Phil et j’avoue que la mise en page m’a beaucoup gênée : en effet, on alterne les points de vue entre ces deux personnages, mais ils ne nous narrent pas leur histoire dans le même sens et c’est franchement très déstabilisant.

Personnellement, je pense que l’auteur a sciemment voulu déstabiliser ces lecteurs et il y parvient parfaitement ! Je n’ai pas réussi à vraiment apprécier cette lecture mais je suis contente de l’avoir lue. L’ambiance de cette histoire m’a étrangement rappellé celle que j’avais rencontré dans Les eaux de Mortelune, mais sans la lueur d’espoir qui plane sur cette autre oeuvre.

Ce récit est une oeuvre dérangeante et je remercie encore ces éditions qui prennent le risque de sortir des sentiers battus et qui nous font découvrir des oeuvres qui sortent du lot et qui vous bousculent.

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Crevez charognes est en vente directe sur le site des éditions de l’Abat-Jour

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Pensez-vous qu’un livre comme Crevez charognes aille puisse vous plaire ?

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4 Responses to « Crevez charognes », d’Herbert Pastorius – 1

  1. Vincent dit :

    Merci Karline pour cette critique !
    Tes remarques sur les e-books rejoignent le débat que nous avons commencé à avoir sur cette page : http://www.les-agents-litteraires.fr/livres-numeriques-gratuits-avril-2011
    C’est vrai qu’à moins d’être équipé d’un support de type Kindle ou Fnac Book, les livres numériques sont d’approche difficile.
    J’ai une question : que veux-tu dire quand tu précises que Garret et Phil ne narent pas leur histoire dans le même sens ?

    • karline dit :

      coucou Vincent
      alors quand je dis qu’ils ne narrent pas leur histoire dans le même sens , c’est un décalage chronologique entre les deux histoires qui nous sont contées .
      C’est déstabilisant surtout en début de lecture quand on tache de s eretrouver avec les nouveaux personnages et le décor.
      Voilà !!!
      Bonne lecture à tous

  2. Marianne dit :

    Pour en savoir plus sur l’histoire étonnante de ce livre, on peut lire l’interview de Thomas Dorville, le traducteur de « Crevez charognes » : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/02/interview-de-thomas-dorville-traducteur.html

  3. Jenta3 dit :

    Tout à fait d’accord avec la réponse que tu fais à Vincent, le début fut pour moi difficile, je ne m’y retrouvais absolument pas, je ne comprenais pas pourquoi il y avait ces 2 histoires, puis au fil des pages « la lumière fut », surtout quand la 2ème partie du livre a commencé. :-)

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