> Présentation : Patrick est un jeune homme qui ne trouve pas de travail. Pas d’ambition ni de volonté particulière, il crée sa propre activité : faire le ménage nu. Il devient, dans le travail, Conchito. Mais, Conchito phagocyte Patrick, et celui-ci file un mauvais coton. Plus son entreprise se développe, plus Patrick doit faire face à une « régression pénienne » (p.162). En d’autres mots, « son sexe rétrécit, aspiré de l’intérieur ».
[Cette critique a été réalisé par Yv auteur du blog Lyvres, dont vous pouvez découvrir le portrait sur ce site.]
> Sur une idée de départ originale, un homme qui décide de se lancer dans le ménage nu, Pascal Juan écrit un livre non dénué de longueurs – si je puis m’exprimer ainsi eu égard aux malheureux déboires de Conchito -, mais doté de belles qualités – bon, c’est pareil, évitons toute allusion.
Les longueurs sont au milieu du bouquin où l’on sent que Patrick/Conchito tourne un peu en rond et que le livre n’avance plus. Mésaventures et malheurs s’amoncellent sans que l’on ait vraiment d’empathie pour lui. Mais la fin redonne un peu de couleurs au personnage et d’intérêt à la lecture.
Les belles qualités dont je parlais se révèlent dans la description de la descente de Patrick : sa dépression vient lentement mais sûrement et il touche le fond assez vite, toujours lucide, du moins le croit-il. C’est un homme qui a toujours tout raté et qui continue à rater admirablement ce qu’il tente et à ne pas tenter ce qu’il est sûr de rater.
Mais ce que je retiens surtout ce sont les qualités de l’écriture de Pascal Juan. Pas de fioriture, pas de tentative de « faire du style ». Les phrases sont simples, directes, franches et pleines d’humour, d’ironie, de références à des maximes célèbres, à des slogans publicitaires (peut-être même en ai-je raté quelques unes).
« Le café du rendez-vous n’est pas de ceux que je fréquente habituellement. Je me suis rendu compte de ce décalage au bout d’un moment, en laissant traîner une oreille inoccupée sur la banquette d’à côté où un trio de types, vêtus comme une vieille tante à moi qui faisait du veuvage une occupation à plein temps, avait choisi le néo-existentialisme pour thema du jour. Pas inintéressant, même si j’ai eu un peu de mal avec les références citées, les miennes ne dépassant guère celles généralement demandées par les quizz télévisés. » (p.83)
Au risque de rouvrir un débat – jamais clos d’ailleurs, conséquemment toujours ouvert, donc je fais une faute en disant « rouvrir », car peut-on rouvrir quelque chose qui n’est pas fermé ? Je vous laisse à vos réflexions, et hop, j’en profite pour revenir dans mon propos, ni vu ni connu, bien embrouillés que je vous ai laissés – ce livre est sans doute destiné à un lectorat masculin. Tout tourne autour du sexe et particulièrement autour de celui qui rétrécit. Ça me rappelle l’histoire de José Artur entendue sur la radio cette semaine :
» Un petit garçon qui s’ausculte précautionneusement les bourses demande à sa maman :
- Dis maman, c’est là mon cerveau ?
- Pas encore, répond sa maman ! »
Là, c’est un peu pareil, Patrick a placé dans son instrument tout son avenir, et lorsque celui-ci flanche, Patrick ne peut plus raisonner, penser, réfléchir : il sombre, diminue à ses propres yeux, comme son pénis.
Néanmoins, malgré quelques plaisanteries ou tournures de phrases très ciblées, la lecture n’est point du tout à réserver à un public averti. Je ne sais pas si, mesdames, vous vous retrouverez dans ce roman, mais je suis curieux de connaître vos réactions : achetez-le pour vos maris et lisez-le – comme ils font avec vos magazines féminin s-, juste pour voir et pour combler ma curiosité.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Certains (et surtout certaines d’entre vous) sont -ils/ elles susceptibles de se laisser tenter partir ce livre sortant des sentiers battus ? Si oui, merci de venir partager vos impressions ci-dessous !
La critique est excellente comme très souvent les critiques d’ Yv et en plus, il ne fait pas de cadeau ! Aussi quand il est aussi élogieux, moi ça me donne envie de l’acheter ! Pour le moment je suis blindée en lectures et partenariats mais il est noté !
Puisque vous nous le demandez, étant du groupe de ces « mesdames », sachez que j’ai adoré ce livre. Certes cela tourne autour de l’organe masculin, mais ce n’est, il me semble, qu’un prétexte pour traiter plus généralement les handicaps que l’on se crée, par complexe (quel qu’il soit) et comment, le cerveau, peut nous tromper, sujet qui me fascine particulièrement.
eh bien, je ne sais pas si je le lirai, celui-là, mais la critique, elle, est excellente !
Pareil pour moi. J’ai adoré la critique !
La critique est excellente comme très souvent les critiques d’ Yv et en plus, il ne fait pas de cadeau ! Aussi quand il est aussi élogieux, moi ça me donne envie de l’acheter ! Pour le moment je suis blindée en lectures et partenariats mais il est noté !
Puisque vous nous le demandez, étant du groupe de ces « mesdames », sachez que j’ai adoré ce livre. Certes cela tourne autour de l’organe masculin, mais ce n’est, il me semble, qu’un prétexte pour traiter plus généralement les handicaps que l’on se crée, par complexe (quel qu’il soit) et comment, le cerveau, peut nous tromper, sujet qui me fascine particulièrement.
C’est aussi comme ça que je l’avais compris !!
D’où la curiosité de le lire…
Alors je pense que vous aimerez beaucoup Asphodèle.
Je rentre de vacances et je vois vos compliments sur ma critique, alors merci à toutes, c’est une belle rentrée pour moi.
T’as vu ça ? De vraies groupies !!^^ Bon, un peu le livre quand même hein ?!!
existe t’il en e-book ? merci !!!