« Comment devenir guerrier Massaï », d’Eric Gilberth

Comment devenir guerrier Massaï

> Le livre : Comment devenir guerrier Massai de Eric Gilberth, arHsens éditions, 224 pages, 18 €.

> Le pitch : Avoir cinquante ans, ça change tout. Quarante-neuf, passe encore, mais cinquante… À cet âge, la vie devient une chose étrange : on se souvient de ce que l’on aurait aimé accomplir, de celui qu’on aurait aimé devenir. Gabriel Poussin, lui, a quarante-neuf ans, onze mois et trente jours. Entre fiasco professionnel, routine de couple et sentiment d’échec général, il décide du jour au lendemain de tout plaquer.

[Cette critique a été rédigée par Tilly, auteur du blogue de Tilly que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Excellent titre pour un roman très original, drôle, cynique et attachant. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, ou si peu ! Eric Gilberh nous donne effectivement sa recette pour transformer en aventurier coureur de brousse urbaine, un hippie véléitaire récupéré par la société qui s’aperçoit un beau jour qu’il a cinquante ans. J’ai reconnu et aimé dans son Gabriel Poussin, un descendant de Tartarin de Tarascon encore plus raté et pathétique que le héros naïf et berné de Daudet. Car Eric Gilberh ne ménage pas son personnage…

Le roman est en deux parties. Elles s’articulent autour de l’anniversaire de naissance du héros qui bascule dans son second demi-siècle.

Avant, on fait connaissance avec un concepteur de jeux, même pas vidéo, en panne d’inspiration. Enclin à l’auto-apitoiement, il met son mal de vivre sur le compte de l’époque, de la société, du coût de la vie, et surtout de sa femme qu’il connaît depuis trop longtemps. C’est l’arrivée inopinée de son vieux copain Jean-Antoine, devenu un SDF crado flanqué de son chien galeux, qui fait éclater la bulle d’ennui autour de Gabriel, surtout préoccupé jusqu’ici de ses chats, de sa Volvo, et de sa collection de vieux alcools.

Après, je suis bien embêtée parce que je ne peux rien dévoiler de la partie aventureuse, la seconde, de ce road-movie pantouflard et pourtant déjanté. Il faut que le lecteur ait comme moi la surprise. Mais en examinant bien la couverture on trouve des indices sur celui que la quatrième décrit comme “le plus improbable des compagnons [avec lequel] il va prendre le chemin de ce qu’il s’imagine être la Liberté”. Chut, donc, et lisons.

Alors, roman, ou conte philosophique et moral ? Bien évidemment c’est tout cela à la fois, car le réalisme des situations n’est pas le souci premier de l’auteur, et tant mieux. La croisade désespérée de Gabriel Poussin, finit en apothéose tragi-comique. On y verra, si l’on veut, la rédemption d’un homme rincé par ses déboires familiaux et professionnels. Ou bien, le délire qui saisit un quinquagénaire lorsqu’il s’interroge sur le sens de sa vie. Ou encore, plus prosaïquement, le pétage de plombs d’un type angoissé, parvenu à l’entrée du “tunnel d’emmerdements” qui s’ouvre devant lui, jusqu’à la mort.

- Qu’est-ce qu’y a à la télé ce soir ?
- Rien ! Et si vous lisiez un bon livre ?

C’est ce que répond, malin, le webmestre des éditions arHsens. Lisez Comment devenir guerrier Massaï d’Eric Gilberh, vous ne regretterez pas l’aventure. Nous sommes tous des guerriers Massaï !

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de vous intéresser de plus près au personnage de Gabriel Poussin ?


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3 Responses to « Comment devenir guerrier Massaï », d’Eric Gilberth

  1. arribat dit :

    Excellent commentaire qui tire sa pertinence de sa légère impertinence et de sa bienveillance.

  2. pyrausta dit :

    j’ai adore ce livre qui effectivement est dejanté tout en evoquant de vraies questions existentielles

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