« Cocktail cruel », de Yann Verner

Cocktail cruel

> Le livre : Cocktail cruel de Yann Venner, éditions Le Cormoran, 246 pages, 15 €.

> Le pitch : Entre côtes d’Armor et côtes de Beaune, le monde de la mer et celui du vin vont se rencontrer. Sous la forme d’une talentueuse actrice de cinéma, née en Bretagne. Elle va tomber sous le charme d’un propriétaire négociant en vins de Bourgogne, producteur de films. Isabella et Antoine, entourés de deux soeurs appelées les vignoleuses, vont vivre un très bel amour, jusqu’au jour où le destin s’en mêle… Entre Beaune, Jobigny La Ronce, L’Île Grande et Saint-Brieuc. Un roman qui rend hommage au monde de la nature, du vin et du cinéma.

[Cette critique a été rédigée par Lydia, auteur du blog Livres et manuscrits, que nous vous invitons à découvrir]

 

> Eco-polar… Voici un terme qui peut faire peur et attiser en même temps une certaine curiosité. N’étant pas adepte de l’écologie mais férue de polars, le désir d’en savoir un peu plus sur ce livre singulier s’est imposé à moi. En effet, le contexte était intéressant et prometteur: deux meurtres dans les chais, une belle balade entre Bretagne et Bourgogne… Tous mes sens étaient en éveil. Associer le monde vinicole au cinéma, le tout lié par un meurtre, l’entreprise était audacieuse.

C’est le meurtre d’une comédienne, Isabella Elgé (Isabella Le Gonidec pour le civil) qui va déclencher l’histoire. Le commissaire Létourneau et son adjoint vont être chargés de l’affaire. Les choses se compliquent lorsque l’oncle de la victime, Ambroise, décède à son tour. Certes, on aurait pu croire à un choc émotionnel mais si vous lisez ce livre, vous verrez que l’histoire est bien plus compliquée qu’il n’y paraît.

Et si le commissaire, qui n’est pas sans me faire penser à un savant mélange entre Sherlock et Maigret,  est confronté à une enquête plutôt coriace, la difficulté ne réside que dans le scénario. En effet, le style de l’auteur est simple, sans toutefois être simpliste, ce qui rend la lecture très agréable. Elle n’est pas dénuée d’un certain charme. J’ai lu ce roman en une après-midi et j’ai passé un moment agréable.

Petit bémol: le roman fait la part belle aux souvenirs des personnages, mettant de côté pendant bon nombre de pages, l’enquête policière. Ce n’est pas désagréable en soi, c’est même plutôt novateur, mais j’avoue préférer la structure d’un polar classique. En même temps, on peut comprendre également ce parti pris dans la mesure où les réminiscences peuvent s’associer, cinématographiquement parlant, à un flash-back.

Je vous conseille ce livre si vous voulez vous évader l’espace d’un instant dans les vignes et les paysages merveilleux de la Bretagne et de la Bourgogne.

 

> Extrait :

« C’est de l’étranger et dans sa chambre d’hôtel qu’Antoine apprit l’affreuse nouvelle. Il venait à peine de se réveiller, comme alerté par un coup de fil imminent. Moment où la conscience est encore dans les limbes. Prémonition subite ! Impossible d’y croire… Il n’avait même pas compris, au début de la conversation, qui l’appelait.

- … Désolé de vous apprendre une aussi triste nouvelle par téléphone, avait dit Létourneau au terme d’une longue phrase.

- … Vous dites « désolé », comme vous diriez « bonjour ! »… Vous m’apprenez que ma fiancée est morte, et que vous êtes désolé ! Et moi donc..; J’apprends la mort de l’être le plus cher à mes yeux et…

On entendit un long soupir, un homme qui frotte sa barbe naissante… Et puis des sanglots… Létourneau ne savait plus que dire. Il garda le silence, attendant que son interlocuteur réagisse.

- Et comment l’a-t-on retrouvée ? Je veux dire…

 » Troublé le producteur. Amoureux fou, sûrement !  » songea Létourneau qui prit le temps de répondre. Il posa ses mots.

- C’est un vieux vigneron qui nous a alertés. Isabella votre compagne gisait dans sa cave, tuée par balles, la cave saccagée par l’assassin lui-même, comme s’il voulait se venger de quelque chose, ou détourner les soupçons… Cela ne vous dit rien… ? Vous n’auriez pas le moindre indice, le moindre soup…

- Je n’ai que ma détresse Monsieur le Commissaire, que ma détresse… Vous comprenez ? »

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Cocktail cruel ?


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6 Responses to « Cocktail cruel », de Yann Verner

  1. Je le lirai avec plaisir, mais pour une autre raison, moins conventionnelle que d’ordinaire. J’adore ce nom Létourneau pour un enquêteur ! Je trouve cela génial…. Et j’aime aussi les intrigues qui se passent à la campagne.
    Où peut-on se procurer cet ouvrage ?

  2. Vincent dit :

    Cet ouvrage peut être commandé sur Amazon, en suivant les liens indiqués en haut et en bas de l’article. Bon week-end à vous !

  3. Venner yann dit :

    Merci Lydia, pour cette critique bien argumentée ! Un auteur apprécie d’être bien lu.

  4. Lydia dit :

    Et la lectrice que je suis apprécie également lorsque l’auteur donne son avis sur les critiques de son livre, c’est si rare. Encore un grand merci.

  5. Jeneen dit :

    beau commentaire, je suis tentée par celui-ci, les thèmes me plaisent et c’est vrai que l’extrait choisi donne un aperçu positif (au moins des dialogues). En plus, Létourneau, fallait y penser !

  6. Lydia dit :

    J’avoue avoir un petit faible pour Létourneau ! Quant aux dialogues, ils sont riches, ce qui est loin d’être évident dans un roman.

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