> Présentation: 1940, Irène a trois ans lorsqu’on découvre sa paralysie. Comment se construire, en pleine Seconde Guerre mondiale, lorsqu’on est victime de la poliomyélite ? La maladie va venir perturber une vie de famille déjà fragile, et ronger le quotidien difficile d’Irène. La jeune fille va passer au travers d’épreuves, de peines et de tourments mais aussi de joies dans sa lutte contre la maladie et sa quête pour retrouver une vie normale…
[Cette critique a été rédigée par Paikanne, auteur du blog Le monde de Paikanne que nous vous invitons à découvrir]
> J’ai « postulé » pour découvrir ce livre car le thème du handicap me touche beaucoup étant donné que je suis moi-même en chaise roulante. C’est ainsi que dès que j’ai reçu l’ouvrage, j’y suis entrée, d’autant que j’ai d’emblée apprécié « l’objet » : un lissé incomparable de la couverture, illustrée de manière à cadrer tout à fait au propos (ça, c’est au fur et à mesure de la lecture que je m’en suis rendu compte).
Le texte est aisé à lire (même s’il compte bon nombre d’erreurs de ponctuation) et c’est d’une plongée dans la France profonde, rurale, dont il est question. Irène raconte des bribes de son passé, un passé centré inévitablement sur le handicap et les troubles vésico-sphinctériens : la petite ne peut marcher et se déplace en s’aidant de ses bras et de ses genoux, ses jambes ne répondent plus.
C’est ce combat de tous les jours qu’elle raconte, cette différence qui a soudé, et parfois aussi divis, sa famille : une maman au foyer, Polonaise déracinée, un papa bûcheron, un frère et deux sœurs. Une famille où l’argent manque cruellement, une époque où les aides liées au handicap n’existent pas, ou très peu, mais où les liens familiaux et avec la nature sont essentiels :
« Pauvre maman ! Ma robe se trouvait également mouillée et à changer ; nous avions peu de vêtements, durant la guerre. Alors, ma mère m’enfilait une robe de Laurence trop ample. Elle l’enroulait et l’épinglait sur mon ventre, afin que je ne la déchire pas, en rampant. Cela arrivait plus vite que prévu. Je m’élançais et avec mes genoux, je craquais tout le bas. » [p. 28]
« Les clochettes violettes fléchissaient sous l’envol d’une abeille. Dans ce paradis naturel, je découvrais les différentes herbes des champs. Le grand air sentait bon le foin séché, l’odeur des sapins et des acacias. J’écoutais. Au loin, le coucou chantait et les oiseaux m’offraient leurs aubades mélodieuses. Elle était surprenante cette nature, et si reposante ! Je l’aimais. Les jours s’écoulaient merveilleux. Je respirais la vie. Puis je rentrais. « Maman, il va m’arriver du bonheur ! J’ai trouvé un trèfle à quatre feuilles ! » lui criais-je. N’est-on pas sans cesse en quête de bonheur ? » [p. 122]
Ce regard de petite fille, puis d’adolescente et enfin de jeune femme, confrontée à un quotidien difficile à vivre, est intéressant à découvrir mais manque d’unité. Même si les événements sont relatés de façon chronologique (Chroniques), on a l’impression de lire des souvenirs évoqués çà et là et j’ai trouvé la narration beaucoup trop décousue à mon goût.