« Le champ de coquelicots », de Philippe Abric

Le champ de coquelicots

> Le livre : Le Champ de Coquelicots de Philippe Abric, Sorengo Editions, 192 pages, 9,60 €

> Le pitch : Lionel est un jeune garçon insouciant qui profite tout simplement de la vie, de sa vie. Mais, à l’approche de son douzième anniversaire, d’étranges rêves viennent soudainement lui prédire une fin prochaine. Lionel bascule alors malgré lui vers un monde où l’illusion et la réalité s’entremêlent dans un étrange tourbillon, chaque jour un peu plus puissant.

[Cette critique a été rédigée par Miss Bunny, auteur du blog The girl in the fireplace, que nous vous invitons à découvrir]

> J’avoue ressortir de cette lecture complètement perplexe et le résumé ne m’a pas du tout préparé à cette lecture. Non pas que le résumé soit erroné, car il ne l’est pas, mais je m’attendais à un récit clairement plus fantastique (je veux parler du genre littéraire, je ne porte pas de jugement – en tout cas pas encore ) que ce qu’il n’est en réalité.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais clairement, ce n’est pas non plus un coup de coeur, et je suis assez déroutée.

L’auteur nous présente plusieurs personnages, le protagoniste étant Lionel, jeune ado qui va avoir 12 ans. Il vit dans la banlieue toulousaine avec ses parents et son grand-frère, qui lui a 14 ans. Ils vont tous les deux au même collège, mais sont assez différents : Lionel est très réfléchi, introverti mais néanmoins sociable, et a de fortes tendances à philosopher. Jérôme de son côté est plus extraverti, il est même assez cool et traîne pas mal avec ses potes au skatepark. Et puis, comme il est plus grand, ses hormones le titillent plus. D’ailleurs, il est sur le point de sortir avec Emilie, sa très jolie amie.

J’ai eu beaucoup de mal à différencier les deux frères quand ils apparaissaient ensemble. A cause de leurs prénoms, que j’avais du mal à dissocier et aussi certainement parce que pour moi, Lionel est un prénom d’adulte. Le reste des personnages se mélange aussi dans ma tête, et pour beaucoup, je n’ai pas bien compris leur intérêt (Clément, Pierre, Delphine…) : ils n’apparaissaient qu’épisodiquement, et ne servaient pas à grand-chose. De plus, vu la façon dont se termine le volume, je doute qu’on les revoie dans le tome 2 (oui, c’est un tome 1, j’ai oublié de préciser).

L’auteur aborde les premiers émois et les premières relations sexuelles, mais cela m’a mis assez mal à l’aise je dois dire. Je ne suis pas particulièrement prude, et rien n’est décrit de façon vulgaire ou racoleuse, mais j’ai souvent éprouvé de la gêne à la mention des « expériences » des personnages. De plus, les « expériences » homosexuelles sont omniprésentes et j’ai trouvé ça too much. J’aime quand les histoires homosexuelles sont traitées comme des histoires, et qu’on ne leur accole pas d’étiquettes. Par exemple, Tara et Willow [de Buffy contre les vampires, ndlr] ne sont pas un couple homosexuel pour moi, elles sont un couple, point à la ligne. Là, j’ai eu l’impression que l’auteur essayait de faire comprendre au lecteur que NON l’homosexualité n’est pas un crime, et oui l’amour entre deux hommes peut être naturel, mais à force d’essayer, ça obtient plutôt l’effet inverse.

J’ai bien aimé en revanche l’atmosphère qui se dégage de ce livre. Je reformule : j’ai bien aimé la façon dont l’atmosphère est plantée, l’atmosphère en elle-même m’a donné la sensation d’avancer comme dans du coton pendant toute la lecture. Mais, au regard du dénouement, je trouve ça vraiment très bien amené. Et l’atmosphère permet de se plonger dans le questionnement posé par les rêves de Lionel, ses réflexions, qui se confirment dans le dénouement.

Un dernier mot : je ne sais si c’est du fait de l’auteur ou de l’éditeur, peut-être un peu des deux, mais j’ai relevé une dizaine de coquilles, fautes d’orthographe, de conjugaison… C’est dommage, et quelquefois, il faut s’y reprendre à deux fois pour comprendre une phrase.

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Partagez-vous la vision de Miss Bunny sur le traitement de l’homosexualité en littérature ?


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2 Responses to « Le champ de coquelicots », de Philippe Abric

  1. Chère lectrice,

    Merci pour votre critique. Vous soulevez certains points intéressants auxquels nous aimerions répondre pour nos éventuels futurs lecteurs.

    En ce qui concerne le style du roman. Il est tout à fait vrai que ce premier tome n’est pas aussi « fantastique » que le résumé le laisse imaginer. Néanmoins je vous invite à réfléchir encore à la fin et à ce qu’elle implique pour toute l’histoire. Vous verrez peut-être qu’il y a là quelque chose de profondément impossible, et que le dénouement n’est ni aussi banal ni aussi simple qu’on pourrait le croire à la première lecture.
    Nous espérons bientôt pouvoir sortir le deuxième tome (sur trois au total), que sa lecture comblera totalement votre frustration et qu’elle vous fera apprécier le premier tome à sa juste valeur.

    En ce qui concerne le traitement de l’homosexualité. Votre commentaire est très intéressant, en ce sens que c’est bien vous lectrice, et non l’auteur, qui mettait sur plan particulier les « expériences » homosexuelles de quelques protagonistes. Pourtant, celles-ci ne sont pas racontées différemment des expériences hétérosexuelles que vivent d’autres protagonistes. Pourquoi faire une distinction ?
    Nous pouvons vous assurer que l’auteur n’a en aucun cas cherché ni à coller des étiquettes, ni à faire passer un quelconque message « politique ».
    Au contraire, celui-ci aura plutôt cherché à montrer que non l’amour entre deux hommes n’a rien de naturel ni d’évident pour un jeune garçon, et l’angoisse que cela implique (à mettre en relation encore une fois avec ce que nous révèle la fin).

    En ce qui concerne les coquilles. Nous sommes bien sûr impardonnables et nous nous en excusons. Certaines d’entre elles (nous espérons le plus possible) ont été corrigées dans la version électronique du roman.

    Merci encore.

  2. miss bunny dit :

    Bonsoir, et merci pour cette réponse !

    En fait, j’ai trouvé la fin à la fois intrigante et satisfaisante. Intrigante parce qu’on s’intéresse tout de suite aux nouveaux personnages (et elle donne envie de lire la suite) et satisfaisante car elle explique les « rêveries » de Lionel.

    Pour l’homosexualité, vous avez raison : il s’agit de mon ressenti. Peut-être parce que je n’ai pas su me mettre dans la peau d’un ado qui découvre ses/ces sentiments. Néanmoins, il me semble que les blagues de Nicolas, Jérôme et ses amis tournent quand même souvent autour de ce sujet.

    Pour les coquilles, je ne faisais que les mentionner dans un souci d’objectivité.

    Merci à vous de m’avoir permis de découvrir ce livre.

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