Category Archives: L’Harmattan

« Le pantin de l’impasse », de Ron Dorlan

Le pantin de l'impasse

> Le livre : Le pantin de l’impasse de Ron Dorlan, L’Harmattan, 206 pages, 19 €.

> Présentation : Un roman noir, engagé dans une spirale de remords, de paranoïa et de suspicion. Les bonnes intentions du narrateur l’entraînent irrévocablement vers une issue fatale, dont ses proches ne décèlent pas les symptômes. Le récit nous plonge dans les affres psychologiques d’un homme seul confronté aux caprices d’une petite fille, et tourmenté par le regard des autres sur la situation qu’il s’est créée.

[Cette critique a été rédigée par Skritt, auteur du blog  Les Lectures de Skritt que nous vous invitons à découvrir.]

 
> Georges est un trentenaire célibataire qui les week-ends venus passent les soirées à s’enivrer avec son groupe d’amis dans les bars. Ce trio accueille Jean-Jean, un gamin de dix-sept ans. Mais dans un accident tragique, il meurt, et laisse une mère ivrogne avec sa petite soeur Cathy. Georges, altruiste, propose de prendre la petite fille chez lui, pour soulager la mère. Mais, rapidement, les soupçons des gens l’assaillent, en tout cas, il le pense. Que peut faire un homme de trente ans accompagné d’une fillette de neuf ans dont il n’est ni le frère ni le père et qui clame haut et fort qu’ils se marieront quand elle sera grande ?

Le récit démarre sur une lettre, celle de Cathy, la petite fille recueillie par Georges alors qu’elle est devenue une femme. Puis suit le journal écrit en une seule traite de Georges sur sa vie avec Cathy et enfin une lettre termine ce roman. Bien que ce récit soit une fiction comme le précise l’auteur, il n’en reste pas moins étrangement crédible, comme l’aveu d’un homme qui passe à l’acte. Georges essaie tant bien que mal à garder une vie normale malgré les regards d’autrui. Il essaie même de justifier ses premières pulsions par la pression tacite des amis et des badauds qu’ils croisent en compagnie de cette fillette.

Finalement, malgré les faits horribles relatés à la fin du roman, les personnages sont réellement attachants. Cette petite fille, presque une femme, manipulatrice et jalouse, face à cet homme, aux activités adolescentes, qui masque sous son visage d’ange, un esprit où la part du démon tente de faire surface.

L’auteur arrive avec un sujet épineux et dangereux à proposer un récit intéressant dans lequel un homme se bat avec ses pulsions pour une petite fille, le regard pesant des autres, et cette Cathy femme-enfant, s’insinuant dans sa vie et balayant tout sur son passage.

L’écriture est juste, fluide et sans lourdeur, menant le récit d’un bout à l’autre avec beaucoup d’énergie pour tenir le lecteur face à un thème difficile.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :



« Travail au noir », de Marc S. Masse

Travail au noir

> Le livre : Travail au Noir, de Marc S. Masse, éditions L’Harmattan , 234 pages, 23,50 €.

> Présentation : Richard Saurer est un manager performant. C’est un « liquidateur », un spécialiste de la restructuration. Les chantiers d’élagage, quelle que soit la saison, crise ou croissance, ne font jamais défaut. Il n’a pas de souci d’emploi, ni d’état d’âme. Mais l’univers de Richard Saurer, jusqu’ici si bien réglé, va basculer. Son passé va remonter à la surface et le précipiter, à son tour, dans l’angoisse et la peur. Jusqu’où ira-t-il pour s’en sortir ? Travail au Noir est le récit d’une machination dont les acteurs et les concepteurs ne sont pas ceux qu’on pense.

[Cette critique a été rédigée par Danielle, auteur du blog de Delcyfaro  que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Un thriller dans le monde impitoyable  des affaires, c’est plutôt original et pas forcément facile à mettre en place. L’auteur, lui, s’en tire à merveille et nous propose une histoire que l’on suit avec un immense plaisir.

« Le revenant de la forêt guyanaise », de Gérard Pince

Le revenant de la forêt guyanaise

> Le livre : Le revenant de la forêt guyanaise, de Gérard Pince, L’Harmattan, 257 pages,  25 €.

> Présentation : Il se passe des choses étranges dans ce département français de Guyane où cohabitent différentes populations. Dans cette société informe, dominée par une administration omnipotente, Vincent voit s’effondrer le monde angélique et bien-pensant auquel il croyait. Comment découvrira-t-il les trames du complot dont il est l’innocente victime ? Comment se vengera-t-il de tous ceux qui ont conspiré à sa perte ?

[Cette critique a été rédigée par Ramettes, auteure du blog  L’atelier de Ramettes que nous vous invitons à découvrir.]

 

 

> Pourquoi avoir choisi ce roman ? Tout d’abord, parce que la Guyane n’est pas souvent le décor des romans. Bien sûr, tout le monde a en tête les bagnes de Cayenne et des îles du Salut, mais dans la littérature contemporaine la Guyane a dû mal à trouver sa place. Vous pourrez toujours me citer des romanciers guyanais, mais les Antilles toutes proches leur volent la vedette.

Ensuite, le sous-titre « Roman déconseillé aux personnes politiquement correctes », titille la curiosité. J’avais entendu certaines anecdotes (réelles) qui m’ont fait penser à certains épisodes relatés. Je n’ai donc pas était surprise par la plupart des sujets abordés, même si l’auteur les pousse à leur paroxysme.

Enfin, car je n’avais jamais lu de romans des Editions de l’Harmattan. Livre agréable à tenir et à lire.

J’ai bien aimé les intrigues. On débute avec une situation de départ simple : une femme veut se débarrasser d’un mari gênant et engage un tueur à gages. Puis, petit à petit, ce fait qui semble évident fait penser à l’arbre qui cache la forêt. Quand on connaît géographiquement la forêt amazonienne, on se dit que calz va être particulièrement obscur.

De petits regrets, toutefois. On ne perçoit pas assez la moiteur qui joue un rôle dans l’histoire. L’intrigue se déroule pendant le carnaval et l’auteur y fait à peine deux petites allusions. Pourtant, d’après ce que j’en ai entendu dire, ses deux faits influencent psychologiquement les mœurs et humeurs des habitants.

Une petite chose m’a fait tiquer, il manque quelques vilaines bêtes dans le paysage : caïmans, anacondas, mygales, piranhas etc. mais peut-être que j’en demande trop ! On a quand même un grage, c’es-à-dire un crabe des mangroves…

L’auteur fait bien sentir qu les différentes populations cohabitent sans véritable métissage. Gérard Pince égratigne plusieurs communautés sans préférence. Parfois, de manière caricaturale, ce que la fiction permet,  mais avec un grand fond de vérité. J’ai bien peur que ce roman n’est pas bonne presse en Guyane, et chez les Guyanais expatriés. La situation géopolitique de ce département  d’outre-mer est propice a des aberrations qui dépassent la fiction. L’auteur établit des liens avec l’Afrique auxquels, de prime abord, je n’aurais pas pensé, mais qui, après réflexion, paraissent plausibles.

Dans sa préface, Georges Clément dit : « la structure de l’histoire est simple qui refait un homme en sept jours quand Dieu dans le même temps, créa le Monde. Gérard Pince eut-il la tentation ou la conscience du parallèle ? » Je ne sais pas, mais certaines discussions avec le vicaire donne à penser que l’auteur joue avec son personnage comme un Dieu avec des marionnettes.

Je  me rends compte que je n’ai pas parlé de la vaste palette de personnages qui jalonnent cette histoire. Ils sont tous haut en couleur et l’auteur a privilégié la partie psychologique des protagonistes, ainsi que les relations entre la fonction sociale et leurs comportements.

Vous l’aurez compris, j’ai bien apprécié ce roman qui met en évidence des dysfonctionnements, comme peuvent le faire les polars et romans noirs. La chute, ou plutôt les chutes, sont assez brutales ! Merci à l’auteur ce dépaysement.

 

> Extraits :

«[…] Quand je pense que certains s’étonnent que l’Afrique ne se développe pas !

- Je suppose que nos coopérants y sont pour quelque chose ?

- Nos coopérants ! Mais ce sont eux qui ont inventé tous ces machins socialistes après la dépendance. Ils ont contribué à la ruine de l’Afrique. Dans ce registre, il faut faire place à part aux agronomes. Partout où ils sont passés, l’herbe n’est jamais repoussée ! » (p.116)

« Resté seul, Bonnard explosa de rage. La rebuffade du préfet, la corruption des syndicats, et lâchage de son siège venaient de faire déborder le vase. Toute sa vie, il avait dissimulé ses sentiments ou ses idées afin de ne pas compromettre sa carrière. A présent, il pouvait sortir de sa réserve et prendre les mesures que sa conscience professionnelle lui dictait. Il ne risquait plus rien puisqu’il avait déjà décidé de prendre sa retraite. En guise de cadeau d’adieu, il allait donner un grand coup de pied dans toute cette fourmilière !

Les  deux inspecteurs de la commission bancaire entrèrent dans le bureau. Le premier personnage, un grand brun au visage maigre, en costume noir et cravate, affichait une suffisance insupportable. Sa collègue un peu plus jeune, portait une jupe et un cardigan. Elle écrivait sur de grandes feuilles jaunâtres utilisées dans les cabinets d’audit, et qui représentaient à ses yeux le symbole de sa compétence. Tous les deux provenaient de bonnes écoles de commerce et s’imaginaient incarner la rigueur et l’intégrité de leur génération face aux turpitudes et aux compromis des anciens. Bonnard devinait aisément que ces jeunots le percevaient comme un vieux crabe qu’il fallait démolir afin de libérer la place pour les copains ou copines ! » (p.116)*

 

>Et s’il fallait mettre une note, ce serait :



« Louis Dumoulin, peintre des colonies », de Michel Loirette

Louis Dumoulin, Peintre des colonies

> Le livre : Louis Dumoulin, peintre des Colonies, de Michel Loirette, L’Harmattan, 252 pages, 23 €.

> Présentation : En pleine expansion coloniale, en pleine rivalité franco-anglaise, en plein XIXe siècle, un tout jeune peintre, Louis Dumoulin, claque la porte de l’atelier de son Maître, Benoît Chancel. C’en est fini pour lui des angelots et de ce style accadémique dépassé. Cet ami de Verlaine veut peindre librement. Avide de voyages, il accepte des commandes officielles qui l’amèneront à découvrir l’Egypte, le Japon, la Cochinchine. Michel Loirette nous emmène sur les traces de ce garçon talentueux.

[Cette critique a été rédigée par Lodi, auteur de Die Kuhzeitung que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Qui connaît Louis Dumoulin ? Sans doute pas grand monde. Cet intime de Verlaine, ami de Van Gogh et de Jules Verne, « peintre des colonies » a à peu près disparu des livres d’Histoire de l’Art. Personne ne s’intéresse plus à l’orientalisme un peu suspect du XIXe. Suspect, parce qu’il y règne un colonialisme non dissimulé, et que le colonialisme, tout le monde le sait, c’est le mal.

« Le livre de Djalil », de Djalil et Marie Hakem

Le livre de Djalil

> Le livre : Livre de Djalil, de Djalil et Marie Hakem, éditions L’Harmattan, 268 pages, 23€50.

> Présentation : Ce livre nous conte l’épopée d’un homme, rescapé de l’épouvantable génocide arménien : une page sombre de l’Histoire intimement liée au destin personnel de Djalil. Une vie frappée par l’horreur, qui nous éclaire sur la barbarie des peuples, les luttes de pouvoir au Proche-Orient, et sa propre ascension sociale. On entend dans ce roman une seconde voix, celle de Marie, sa fille, qui ponctue chaque étape du récit de son père, de ses commentaires, ses propres souvenirs d’enfance, ses questionnements sur ses propres blessures, sur ses racines, et sur son amour pour un père longtemps repoussé.

[Cette critique a été rédigée par Cajou, auteure du blog  Plume de Cajou que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Si, comme moi, vous ne connaissez rien du Proche-Orient et que vous avez besoin d’aller voir une carte du monde pour pouvoir situer l’Arménie ou la Syrie, ne vous dites pas que ce n’est pas une lecture pour vous.

« La vie de soldats bretons dans la guerre d’Algérie (1954-1962) », de Jean-Yves Jaffrès

La vie de soldats bretons dans la guerre d’Algérie

>Le livre : La vie de soldats bretons dans la guerre d’Algérie 1954 – 1962, de Jean-Yves Jaffrès, L’Harmattan, 415 pages, 28,20 €, en vente sur le site de l’auteur..

> Présentation: Jean-Yves Jaffrès a choisi dans ce livre d’évoquer la guerre d’Algérie telle que l’on vécu les appelés, au travers d’histoires et de péripéties racontées par de nombreux compagnons d’armes, principalement d’origine bretonne, tout comme lui. Cette collection de témoignages est enrichie par une synthèse et des réflexions de l’auteur sur l’histoire de l’Algérie, la nature de la guerre auquel il a participé, et par de très nombreuses photographies.

[Cette critique a été rédigée par Frédéric Bey, dont vous pouvez retrouver les notes de lectures sur le site Jours de gloire que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Dans son ouvrage sur La vie des soldats bretons (« comme tant d’autres » précise le sous-titre) dans la Guerre d’Algérie, Jean-Yves Jaffrès risque sans doute de dérouter quelque peu ses lecteurs, en passant au fil des pages d’une trame très globale (l’histoire de l’Afrique de Nord depuis de 3 000 ans) à des propos relevant de la micro histoire (comme celle de la vie des chiens de combat). Néanmoins, le travail de l’auteur témoigne d’une grande cohérence et reflète parfaitement le parcours et la maturation de « l’expérience d’une vie » dans l’esprit de ceux, simples appelés du contingent, qui ont traversé la guerre d’Algérie dans des circonstances très diverses.

« La France, son territoire, une ambition – Mutations, situation, défis », de Patricia Tardif-Perroux

La France, son territoire, une ambition

> Le livre: La France, son territoire, une ambition – Mutations, situation, défis, de Patricia Tardif-Perroux , L’Harmattan, 320 pages, 29,90 €.

> Présentation : De la volonté de découvrir ce qui fait la puissance ou le déclin d’une nation, du désir de comprendre ce qui singularise la France et la transforme est né ce livre. Si la France veut prendre part au concert des Grands de demain, du moins maintenir sa qualité de vie, elle doit renforcer son pilier économique, se mobiliser, croire en ses potentialités, connaître ses faiblesses pour y remédier et ses forces pour les valoriser. Ce livre permettra au lecteur de mieux comprendre la France et de prendre toute la mesure des transformations et des enjeux du monde actuel.

> A découvrir : le site Internet consacré au livre,  sur lequel il est notamment possible de prendre connaissance et de voter pour ou contre 2 des 5 idées figurant dans le livre.

[Cette critique a été rédigée par Thierry Guinhut, auteur du blog Thierry Guinhut Littératures que nous vous invitons à découvrir]

 

> Connaissons-nous, au-delà des préjugés, notre France ? Pour qui voudrait radiographier l’état présent de notre territoire, ses atouts, ses faiblesses, le livre de Patricia Tardif-Perroux est une mine d’informations précieuses… C’est ainsi que nous saurons tout sur la « reconfiguration démographique et urbaine », sur le tissu de communications, les performances de la main d’œuvre et la qualité de vie à la française. Et pourtant…