> Le livre: L’oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête : Carnets d’un paysan Soussou
, de N’Fassory Bangoura et Philippe Geslin, Ginkgo Editeur, 143 pages.
> Présentation : Le texte de N’Fassory Bangoura, est un document exceptionnel retraçant deux ans de la vie d’un hameau de Guinée, vue par l’un de ses habitants. Leur auteur, nous livre par une étrange et subtile succession de phrases courtes, de véritables poèmes composés de strophes, rythmées, chantées, qui se disent autant qu’elles se lisent. Il expose ses doutes, ses colères. Il décrit son quotidien, celui de sa famille, des sages, de son village et surtout de « ses Blancs ». Certains jours offrent de petits contes philosophiques, d’autres nous font approcher un monde de famine, d’angoisse, de travail acharné.
[ Cette critique a été rédigée par Lili Galipette, du blog Des galipettes entre les lignes que nous vous invitons à découvrir]
> Cet ouvrage est composé des carnets de N’Fassory Bangoura et des photographies de Philippe Geslin. Le premier raconte la cuisson du sel et la culture du riz et de l’arachide. Le second fait œuvre d’ethnologue et immortalise des scènes de travail, de vie quotidienne et des visages. Le titre de l’ouvrage est emprunté à un conte soussou. « Nous sommes dans un monde où l’oralité est un support de connaissance, laissant une place timide à l’écriture. » (p. 13) Cette réalité ne fait que renforcer la valeur de ce texte, écrit en soussou. La démarche de N’Fassory Bangoura est inédite et ambitieuse, mais également très humble. Il ne cherche pas la reconnaissance pour lui-même, mais pour la communauté. « Il a envie d’écrire, de raconter son histoire, celle de son village ; réflexivité, modestie des regards, dialogues silencieux, fécondité révélée au terme des lignes accumulées sur trois cahiers d’écolier. » (p. 41)