N’importe quel lecteur a un avis, le plus souvent négatif, sur le roman-photo. Un coup d’œil à Wikipedia suffit pour s’en rendre compte. On l’y décrit comme une sorte de BD avec des images photographiques. Un sous-genre pour midinettes, qu’on n’imagine pas publié autrement qu’en feuilleton dans des magazines. De la littérature de gare, trop grand public, presque indigne. Dommage ! Le roman-photo vaut pourtant beaucoup mieux que cela. C’est ce que prouve Thierry Magnier, un éditeur qui, depuis 2007, entreprend au sein d’une collection spécifique (Photo Roman) de renouveler le genre autour d’un projet simple : « Une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s’aventure alors dans l’écriture d’un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer. » Et que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe
de Chantal Portillo et Hally Pancer est un exemple abouti de l’un de ces « blind dates » littéraires. Un roman court et sensible où, dans un bled paumé du Nord, des personnages marginaux nouent et dénouent les fils de leurs vies.