> Le livre: Ida Rubinstein, de Donald Flanell Friedman, éditions Salvator, 315 pages, 22 €.
> Présentation : Ecrite à la première personne par un auteur possédé par son sujet, voici une biographie romancée d’Ida Lvovna Rubinstein, célèbre danseuse et mécène ukrainienne d’origine juive qui fut une véritable icône pour la société de la Belle Epoque et travailla notamment avec les Ballets russes de Diaghilev. Dans un style baroque et pourtant bizarrement éthéré, Donald Flanell Friedman nous restitue l’image d’une femme folle de sa beauté et de son talent, tantôt admirable, tantôt exaspérante.
[Cette critique a été rédigée par Woland pour le blog Les Manuscrits Ne Brûlent Pas que nous vous invitons à découvrir.]
> Née en Ukraine le 5 octobre 1885, sous le signe sensuel et amoureux du beau de la Balance, Ida Rubinstein n’est sans doute pas la plus célèbre des ballerines engendrées par les grandes écoles russes de la fin du XIXe siècle. Orpheline, élevée par une tante qui la voyait avant tout faire un beau mariage, elle commença en effet bien trop tard son apprentissage de danseuse classique et n’apprit de cet art que les rudiments.
> Présentation : Devant les monochromes bleus, les sculptures-éponges et autres œuvres d’Yves Klein, il est facile de se dire que nous en ferions autant. Tout cela paraît si simple ! Et pourtant… L’artiste, foudroyé en pleine jeunesse et en pleine ascension, n’a en réalité rien laissé au hasard. Yves Klein, au-delà du bleu brosse le portrait de l’artiste dans sa quête frénétique d’absolu, et explore la signification du monochrome, la symbolique de ses trois couleurs de prédilection, l’importance de l’ésotérisme dans sa vie et la situation des arts plastiques dans les années 1950. Pour décrypter un tant soit peu l’énigme Klein, et permettre à chacun de mieux comprendre son œuvre.
[Cette critique a été rédigée par Catherine, auteur du blog La culture se partage, que nous vous invitons à découvrir.]
> Cette biographie d’Yves Klein – que je ne connaissais que de nom – est vraiment intéressante. Oh, il y a plein de noms d’artistes qui me sont inconnus et ça me montre bien mes lacunes en Art, mais je fais des efforts et tout ce qui peut combler ces lacunes est bon pour moi !
> Présentation : Paris 1761, dans le rougeoiement crépusculaire de la monarchie, une couleur nouvelle apparaît, un « jaune vie » éclatant, qui va révolutionner d’un sourire l’art pictural.
Frangonard invente le bonheur… et Sophie Chauveau, avec le talent si particulier qui est le sien, brosse avec un formidable luxe de détails, la fresque foisonnante et méconnue de ses soixante-quatorze années d’existence. Du soleil de Grasse aux ruelles lugubres de la capitale, des ateliers de Chardin ou Boucher à l’école de Rome, d’un Louvre totalement inconnu, véritable cité des artistes, aux intrigues assassines des salons du Paris pré-révolutionnaire, des horreurs de la Terreur aux diktats imprévisibles de l’Empire, Jean-Honoré Fragonard traverse miraculeusement un demi-siècle de chaos.
> C’est à Grasse, en plein siècle des Lumières, que naquit le jeune Fragonard, enfant sensible essentiellement élevé par une mère pragmatique mais toujours soucieuse de son bien-être. Alors qu’il manifeste un talent certain pour le dessin et la peinture, sa mère l’emmène chez François Boucher, grand portraitiste de son temps plébiscité par Madame de Pompadour, maîtresse du roi Louis XV. Après un séjour chez le peintre Chardin, Fragonard rejoint le cercle des apprentis de Boucher qui voit en lui le futur détenteur du prix de Rome. Et il a vu juste ! Mais à son arrivée à la capitale, Fragonard accepte mal l’ambiance stricte qui règne à l’académie. Il pourra heureusement compter sur l’amitié d’Hubert Robert et de Saint-Non, puis plus tard de son maître Natoire, pour encourager ce talent dont il doute tant.
Tous apprécient la compagnie de ce petit homme chaleureux, toujours enjoué, dont les toiles respirent la joie de vivre et l’émerveillement que lui inspirent les femmes, la nature, les animaux, les enfants. Au diable la peinture d’histoire, c’est dans les paysages bucoliques et les scènes de genre que le jeune peintre éprouve le plus de plaisir à décliner son art. A Rome, ses amis et lui mènent une vie de bohème, heureux de leur succès sans cesse renouvelé auprès des femmes. Mais voilà qu’il est temps de rentrer à Paris où Fragonard souhaite trouver son indépendance.
Pour gagner de quoi vivre, il accumule les commandes légères, que certains qualifieront de « licencieuses ». La mort du peintre Deshays lui fera hériter de son atelier au Louvre où il rejoindra le clan des Illustres. Malgré la vétusté de l’endroit, l’ambiance entre artistes y est fraternelle et propice à l’échange plus qu’à la rivalité. Alors qu’il vient d’essuyer un cuisant échec au Salon de 1767 où on lui reproche de s’être dispersé dans tous les genres et d’avoir laissé le vice contaminer son talent, il recroise Marie-Anne Gérard, fille de la meilleure amie de sa mère, qui deviendra sa femme. Peintre tout comme lui, elle seule le comprend, lui offre l’équilibre dont il a besoin ainsi qu’une fille, Rosalie. Marie-Anne est rejointe par sa soeur Marguerite qui deviendra l’élève (mais pas seulement) de Fragonard. Tous formeront une famille épanouie par ce même amour pour l’art, ambiance propice pour le peintre à la réalisation de nombreuses toiles représentant des scènes familières disant le bonheur intime.
La mort de sa fille Rosalie, qui n’arrive pas à trouver sa place dans cette famille d’artistes, jettera un voile définitif sur la personnalité joviale du peintre tandis que la Révolution, déclarée un an plus tard, le plongera dans une totale indifférence. Son absence de parti pris lui vaut le statut de contre-révolutionnaire alors que Fragonard ne demande qu’à retrouver cette insouciance qui est le leitmotiv de sa peinture. Chapeauté par son ami David, Fragonard se voit confier le catalogage des oeuvres qui trouveront leur place dans le futur Musée de France, une mission dont il aura la charge tout au long de la Révolution, de la Convention et du Directoire et laquelle lui permettra de sauver des flammes bien des oeuvres issues du pinceau d’amis peintres et même du sien !
Aussi, si le peintre nous a laissé une quantité de toiles pleines de ce jaune vie dont lui seul avait le secret, c’est aussi grâce à sa connaissance sensible de l’art que de nombreuses oeuvres peuvent encore se dresser sous nos yeux aujourd’hui…
« Les arrivages de la Belgique annexée font remuer à Frago des centaines de tableaux pour les identifier. Ensuite, à lui d’attester un nom sur chaque oeuvre. Il reconnaît et repêche un Ribera dit l’Espagnolet. Des dessins des maîtres de Cologne aux grands tableaux de Rubens venus d’Anvers, des Rembrandt du Stathouder de Hollande, c’est lui qui les accueille, les trie, les identifie. Irremplaçable dans sa connaissance des petits maîtres décadents. Il est le plus précis sinon le plus expert dans l’identification des dessins. Il y met tout son coeur. La minutie, la patience qu’il déploie le tiennent éloigné des lieux où l’on verse le sang de leurs propriétaires. Il redoute de croiser sur une charrette un ci-devant avec qui il aurait jadis soupé, qu’il aurait portraituré…il préfère aller arpenter au loin les allées des parcs privés, ou s’enfermer pour rédiger des rapports sur les propositions d’acquisitions ou sur les restaurations en cours. Il inaugure toutes sortes de métiers, de conservateur de musée à directeur du personnel. S’inquiétant de la sécurité des collections à la rémunération ou l’approvisionnement en bois de chauffage des gardiens. » p.334
> Lorsque Les Agents Littéraires m’ont proposé de découvrir la vie de Fragonard, j’ai eu comme un doute. Fragonard, le parfumeur ? Non, le peintre. Ah. Ce n’est qu’en me rendant sur Google images que j’ai pu relier certaines toiles connues à ce nom de famille derrière lequel se cache en fait plusieurs artistes. Pour info, il n’existe aucune parenté entre la marque de parfums et ‘Frago’, simplement un hommage au peintre qui comme la marque vit le jour à Grâce (peut-être aussi parce le jaune liquoreux du peintre rappelait la couleur du parfum ?). Si tout comme moi, Fragonard le peintre ne vous dit rien au premier abord, vous le connaissez certainement grâce à cette oeuvre : La liseuse.
Il n’en fallut pas plus pour que je me laisse charmer par la luminosité et la grâce qui émanaient de chacune des toiles aperçues. Fragonard, l’invention du bonheur m’a fait l’effet d’un curieux objet littéraire oscillant entre biographie et roman historique. Si le respect d’une certaine chronologie et une vraisemblance dans le récit laissent penser à une biographie, le lecteur ne trouvera ici aucune notice bibliographique attestant de la véracité des faits énoncés. Qui plus est la qualité de l’écriture et le style vivant de l’auteure contrastent quelque peu avec l’austérité présente dans bon nombre de biographies et le rapprochent davantage du roman. Aussi le qualifierais-je de « biographie romancée ».
La passion investie par Sophie Chauveau dans ce texte est indéniable. Non seulement pour explorer la palette d’émotions ressenties par le peintre et l’homme à la lueur d’événements marquants tout au long de sa vie, mais également pour réhabiliter le rôle majeur des femmes ayant gravité autour de lui. Une femme et une mère pour ainsi dire identiques, des femmes organisées sans être autoritaires, admiratrices de son talent et protectrices vis-à-vis de ce clan grassois qui à l’image d’une mafia souhaiterait voir l’homme renoncer à la peinture pour des occupations plus lucratives. Ses femmes tout comme ses amis peintres formaient une famille d’artistes veillant toujours à ce que Fragonard puisse pleinement déployer son talent. C’est sans doute au nom de ce même talent et de toutes les personnes qui l’ont soutenu que Sophie Chauveau a voulu ici rendre hommage à l’homme et réhabiliter dans nos mémoires le peintre qu’il était.
« Rarement avant Fragonard, le dessin et surtout la sanguine n’ont été pris si au sérieux ni n’ont occupé un tel rang. Au-delà de l’observation attentive du feuillage des arbres, du scintillement de la lumière, du clapotement des eaux, du bruissement du vent, de la chaleur étouffante de l’air, on peut lire dans ses dessins un hymne à la végétation, cette végétation exubérante, folle, enfiévrée par le climat romain. Un souvenir d’enfance ? Un amour pour cette vie de l’enfance où les corps sont libres dans un air toujours chaud. La nature de Frago ne nie jamais l’homme, ne cherche pas non plus à l’inquiéter. La nature fût-elle grandiose enchante, et à qui l’admire, promet l’émotion.« p.100
Pari fort réussi selon moi ! J’ai d’ailleurs passé autant de temps à lire ce livre qu’à admirer ses toiles sur mon écran. Un portrait d’autant plus intéressant qu’il s’inscrit dans un contexte historique particulièrement riche (et lourd, faut-il le préciser), l’occasion d’en apprendre davantage sur l’administration des arts et le statut réservé aux artistes à l’aube et au lendemain de la Révolution.
> Présentation : Violée à quinze ans, Cathy décide que plus jamais on ne lui volera son corps : déterminée, elle se tourne vers la prostitution, pour faire payer cher ce qu’on lui a pris de force. Dans les années 80, c’est Paris, Pigalle, la rue, le fric, l’alcool, la cocaïne… Tout s’entrecroise à l’excès jusqu’à la consumer. Mais Cathy se relève toujours. Après le sport à outrance, elle adopte une nouvelle forme de prostitution : la domination.
[Cette critique a été rédigée par Pauline, auteur du blog http://books-in.over-blog.com/ que nous vous invitons à découvrir.]
> Maîtresse Cathy, l’insoumise, un titre curieux, intriguant et pour le moins trompeur… Avec un tel titre, on serait en droit de s’attendre à lire un roman érotique. Mais, arrêtons-nous là, ce n’est pas du tout ce qu’a voulu faire Axel Léotard. Il ignorait d’ailleurs lui-même au départ qu’il allait écrire un livre.
> Présentation : En pleine expansion coloniale, en pleine rivalité franco-anglaise, en plein XIXe siècle, un tout jeune peintre, Louis Dumoulin, claque la porte de l’atelier de son Maître, Benoît Chancel. C’en est fini pour lui des angelots et de ce style accadémique dépassé. Cet ami de Verlaine veut peindre librement. Avide de voyages, il accepte des commandes officielles qui l’amèneront à découvrir l’Egypte, le Japon, la Cochinchine. Michel Loirette nous emmène sur les traces de ce garçon talentueux.
[Cette critique a été rédigée par Lodi, auteur de Die Kuhzeitung que nous vous invitons à découvrir.]
> Qui connaît Louis Dumoulin ? Sans doute pas grand monde. Cet intime de Verlaine, ami de Van Gogh et de Jules Verne, « peintre des colonies » a à peu près disparu des livres d’Histoire de l’Art. Personne ne s’intéresse plus à l’orientalisme un peu suspect du XIXe. Suspect, parce qu’il y règne un colonialisme non dissimulé, et que le colonialisme, tout le monde le sait, c’est le mal.
> Présentation : Avant d’être le personnage haut en couleur mis en scène par Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (1619-1655) fut un écrivain du XVIIe siècle, épris de liberté, de science et d’aventure. Comme dans la pièce de théâtre éponyme, ce héros au long nez n’a pas eu, au cours de sa brève existence, la vie dont il a rêvé. Fils d’un simple bourgeois, il refuse que ses origines familiales l’empêchent de mener les aventures auxquelles il aspire. Il entre chez les Cadets de Gascogne et multiplie les duels. Derrière cette image d’homme d’action, participant aux événements historiques qui ont marqué le premier XVIIe siècle, se trouve un libertin, c’est-à-dire un libre penseur qui a lutté avec passion contre les vérités toutes faites, l’intolérance et les excès d’autorité des puissants de son époque. S
[Cette critique a été rédigée par Lacazavent, auteur du blog Des cases à vent que nous vous invitons à découvrir]
> Ce livre contrairement à ce que l’on pourrait en penser si l’on s’arrête à la quatrième de couverture n’est pas une simple biographie. Il est bien plus, bien plus riche et bien plus complexe. Découvrir ce Cyrano de Bergerac fut d’abord pour moi l’occasion de renouer avec des souvenirs d’anciennes lectures. Des souvenirs de lycée, Cyrano, je l’ai découvert avec le livre d’ Edmond de Rostand ce n’est que par suite j’ai été voir de plus près ses écrits.
> Le livre :L’auberge africaine, de Annie Barral, La Plume Editions, 162 pages, 14,90 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation: L’auteure raconte ici sa vie en Afrique, qu’elle a découverte sur un coup de tête et adoptée sur un coup de cœur. Sous forme d’un récit à ses petits-enfants, elle nous fait partager avec émotion et talent ses moments quotidiens et sa passion pour ce continent vibrant de vie et de couleurs.
[Cette critique a été rédigée par Porte-plume 2A, auteur du blog Porte-plume 2A que nous vous invitons à découvrir.]
>Au cours des premières pages, nous découvrons une sorte de biographie écrite avec sensibilité, et dont le style vif et enlevé séduit et emporte. La forme utilisée par l’auteur, vivante, intercale entre les chapitres de courts dialogues supposés avec ses petits-enfants, donnant un rythme au récit. L’auteur a sans conteste des talents de conteuse, elle raconte avec humour des anecdotes qui s’enchainent de façon fluide.
> Présentation : Écrivain, essayiste, Gilles Lapouge nous fait ici l’inventaire de sa vie, de ses passions, de ses amis, de ses lectures et de ses souvenirs. “En général, mes souvenirs ont meilleure mémoire que moi. C’est pourquoi je les laisse faire. Je leur donne tous les pouvoirs.”
[ Cette critique a été rédigée par Tilly, auteur du blogue de tilly, dont vous pouvez découvrir le portrait, et plusieurs critiques sur ce site. ]
> « Je vais où je suis. Je file dans les jours perdus. Je me défais de ma mémoire. » Le Flâneur de l’autre rive est une suite mnémosique composée de 38 petites pièces, un peu comme des nouvelles dans un recueil. On peut les lire ou les relire indépendamment les unes des autres, dans un ordre différent, à son propre rythme, en flânant. Par contre, on peut comme moi aimer les randonnées plus longues, l’endurance, la lecture de bout en bout, avec de rares étapes. Comme cela, on a une meilleure vue, un panorama à 360° ou presque, on domine mieux le paysage dessiné par l’écrivain, les chemins de la mémoire qu’il nous invite à suivre derrière lui.
>Le pitch : « S’il vous plaît ! Permettez ! Mesdames et Messieurs !… Je suis le Prologue. L’auteur a cherché à peindre une tranche de vie. Il a pour seule maxime que l’artiste est un homme, et que c’est pour les hommes qu’il doit écrire et s’inspirer de la vérité. Plutôt que nos pauvres défroques de bouffons, considérez nos âmes, car nous sommes des hommes de chair et d’os… Allons ! Commencez ! » C’est par ces mots chantés par le Prologue dans Pagliacci, l’opéra de Leoncavallo, que j’entendis pour la première fois Alain Fondary. Je n’imaginais pas qu’ils me conduiraient à devenir l’auteur qui vous conte ici l’histoire de ce gosse destiné à devenir athlète de haut niveau et souffleur de verre, mais qui a rencontré son destin d’artiste lyrique tardivement et a débuté sa carrière à l’âge où d’autres achèvent la leur.
[Cette critique a été rédigée par Lydia, auteur du site Livres et manuscrits, que nous vous invitons à découvrir.]
> Voici une très belle biographie de quelqu’un que l’on connait peu, à part, peut-être, le mélomane averti. Si j’aime énormément la musique classique et l’opéra, j’avoue ne pas vraiment connaître mes contemporains qui s’y intéressent aussi et qui font en sorte de contribuer à la pérennité de ce patrimoine culturel.
Patrick Alliotte, élève d’Alain Fondary, rend hommage ici (si je puis employer cette formule employée, habituellement, de façon posthume) à son baryton de maître. Il le fait avec brio, s’effaçant complètement pour laisser place à son imposant mentor et à sa vie.