« Calendrier perpétuel de notre ère », de Charles Schneider

> Le livre : Calendrier perpétuel de notre ère de Charles Schneider, 54 pages, 6 €, en vente auprès de l’auteur.

> Le pitch : Ce calendrier nous initie à l’histoire de la mesure du temps et du calendrier, mais aussi à la prévision météorologique. Plus que d’être le compagnon d’une année, ce Calendrier perpétuel se veut celui-ci de toute une vie. S’étendant jusqu’au siècle prochain, il apparaît comme une alternative aux maigres calendriers et éphémérides que nous connaissons. Pratique, ludique, il s’impose comme une découverte de la mesure du temps et de ses cycles.

[Cette critique a été rédigée par Arribat, auteur du site Avatarpage et dont vous pouvez retrouver l'ensemble des critiques sur Amazon]

 

> A priori, un calendrier perpétuel est autant sujet à la critique qu’un horaire des chemins de fer. Sauf que, depuis longtemps, les auteurs du genre ont agrémenté leurs parutions de tonnes d’informations  utiles, parfois inattendues et même ludiques.

Le temps nous est compté sans doute ! Mais ici, il nous est surtout conté, et plutôt deux fois qu’une dans cette particularité française  de confondre dans ce seul mot climat et durée. Les éphémérides et calendriers sont de ce fait des mines d’or  pour les amateurs de jardinage, les météorologues du dicton populaire, les amoureux des clairs de lune, les angoissés des éclipses, ou les simples curieux.

L’histoire du décompte du temps en elle-même remplirait des volumes entiers par sa complexité, bousculant  parfois nos plus irréductibles habitudes. La semaine n’a pas toujours été de 7 jours, l’année de 12 mois et il serait trop long de s’étendre sur ce sujet.

Autant dire que ce petit fascicule de 54 pages, en dehors de son évidente utilité pour les amateurs du genre, est une incitation à la découverte, avec en bonus des carrés magiques fondés sur l’année ou l’âge et ces images en 3D qui surgissent de la page comme la révélation d’une dimension inconnue soudain accessible à nos sens.

Si vous ne croyez pas encore à la complexité du sujet, je vous ai commenté quelques phrases de ce livre en se limitant au seul aspect historique de notre calendrier grégorien et sans approcher l’aspect cosmique, astronomique et astrologique de la question. Ce n’est qu’un très court résumé qui laisse une multitude de détails dans l’ombre. A chacun de poursuivre.

 

> « On peut considérer que notre calendrier est … l’adaptation du calendrier de Romulus… »

Romulus est avant tout un personnage légendaire et il est plus probable que les Romains aient alors adopté le calendrier lunaire étrusque qui comportait 10 mois, soit 38 semaines de 8 jours (304 jours) plus 61 jours à répartir dans l’année pour faire coïncider les cycles lunaires et solaire.

 

> « …en -46 Jules César (…) ajouta 2 mois (au calendrier de Romulus) Janvier et février avec un jour supplémentaire tous les 4 ans (…) Il (le calendrier) devint calendrier solaire et fut nommé calendrier Julien.« 

Bien avant César, Numa un des premiers rois de Rome (-715/-673) ajouta en fin d’année le mois de février et janvier séparés certaines années par un mois intercalaire. Les années de 354 jours passaient ainsi à  384 jours tous les 4 ans.

En -450,  sous la République, l’année fut portée à 355 jours et 385 tous les 4 ans. Janvier, nom tiré de Janus Dieu majeur fut placé avant  février qui représentait un dieu mineur, Februus.  Les années furent portées respectivement de 355 jours puis 377 puis 378 pour revenir à 355 jours, et ainsi de suite…  Quand, toutefois, ces réajustements décidés à Rome chaque année  n’étaient pas omis entraînant un imbroglio insoluble dans les repères temporels à l’intérieur de l’Empire.

Jules César porta en -46 l’année à 365 jours sur 12 mois avec un jour supplémentaire en fin d’année tous les quatre ans. L’année débutant jusque là en Mars le jour supplémentaire de fin d’années fut donc le 29 février. Puis, il fixa le début de l’année au premier, janvier date à laquelle étaient élus les consuls pour l’année (L’Empire est né après César).

 

> « Les dignitaires religieux se réunirent à cet effet à Nicée-Iznik… Ils décidèrent de fixer la date de l’équinoxe de printemps au 21 mars et non plus au 25 mars…« 

Le concile de Nicée convoqué par Constantin Ier n’avait pas pour objet de fixer l’équinoxe de printemps, mais de régler la querelle de l’arianisme et régler la question de la consubstantialité entre le Père et le Fils. C’est de ce concile que sera tiré -entre autres- la règle de calcul pour déterminer la fête de Pâques qui apparaît clairement comme une fête lunaire, puisqu’elle se fonde sur le premier cycle lunaire après l’équinoxe de printemps. Cette corrélation entre cycle solaire et lunaire laisse présumer que Pâques a des fondements païens et même ésotériques très puissants. En tous cas, elle est la base de calcul du comput chrétien.

L’équinoxe de printemps est de toute façon un événement purement cosmique.

 

> « Noël a remplacé la fête  païenne du solstice d’hivers du 25 décembre »

Noël est une apparition tardive qui, d’une part, se situe à l’époque des fêtes romaines des saturnales et de la fête du Dieu Mithra qui était une divinité très vénérée dans les armées romaines. Constantin, à ma connaissance, n’a jamais voulu remplacer une fête païenne par une fête chrétienne sachant le risque politique qu’il aurait pris. Constantin n’a pas d’avantage imposé le christianisme. Ce rôle échoira à Théodose Ier après la tentative manquée de Julien l’apostat de rétablir le paganisme.

 

> « Le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 fut décrété vendredi 15 octobre »

Oui, mais seulement dans les Etats pontificaux, en Espagne et au Portugal. En France il faudra attendre le 9 décembre 1582 pour passer le lendemain au 20 décembre. En Alsace, la mutation se fera en 1682 et, en Lorraine, en 1760. C’est cette suppression de 10 jours qui explique entre autre la différence entre le Noël Chrétien et Orthodoxe puisque l’église orthodoxe n’a pas accepté la réforme du calendrier grégorien (initiée par le pape Grégoire XIII) qui ne doit pas être confondue avec la réforme grégorienne (Grégoire VII).

Le calendrier julien provoquait un décalage d’un jour en 370 ans. Le passage au calendrier grégorien rétablit en partie le décalage en faisant qu’une année de fin de siècle (1700-2000 etc…) ne pouvait être bissextile que si elle était divisible pas 400. Avec le décompte grégorien le réajustement d’un jour n’aura lieu que tous les 3000 ans.

Pour finir, une petite anecdote significative. Août était un mois de 30 jours. Mais, à Rome, sous l’Empire, le titre d’Auguste (Aout) étant supérieur à celui de César (Julius pour juillet) le mois portant le nom d’Auguste ne pouvait comporter moins de jours que celui dédié à César.

 

> En résumé, une bonne mise en bouche aux utilités multiples.
> Le Calendrier perpétuel de notre ère de Charles Schneider est en vendre directement auprès de l’auteur.

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Avez-vous été amusé, surpris, effrayé… par la complexité de cette approche de la mesure du temps ?

 

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One Response to « Calendrier perpétuel de notre ère », de Charles Schneider

  1. tilly dit :

    Ca c’est de la note de lecture !!!
    Et hop, je commande ;)

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