> Le livre : Brumes de Fjords, de Renée Vivien, Editions Livre Unique, 107 pages, 12 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation : Brumes de Fjords est le premier recueil de poèmes en prose de Renée Vivien. Publié à l’aube du XXe siècle, en 1902, il incarne le tour symboliste que prend la poésie à ce moment-là dans toute l’Europe. Ondines, fantômes et autres créatures mythologiques habitent la prose poétique de celle qu’on surnomma la Muse aux Violettes. Elle développe ici une écriture de l’invisible et du mystère qui s’oppose au réalisme prosaïque du siècle précédent. Mais les brumes de Renée Vivien sont aussi l’occasion pour la poétesse d’exprimer sa « protestation existentielle » de femme écrivain. Elles témoignent ainsi de son vaste travail sur notre mémoire culturelle visant à rétablir à leur juste place les grandes figures féminines, historiques ou mythologiques, qui font toute notre humanité.
[Cette critique à été rédigée par Kittiwake auteur du blog Kitty la Mouette que nous vous invitons à découvrir.]
> Il y a fort longtemps que je ne me suis pas plongée avec attention et concentration dans une lecture poétique. Même si je savais qu’il était fort probable que j’y prendrais un grand plaisir, j’éprouvais tout de même quelque angoisse à devoir en plus en rédiger une chronique. C’est pourquoi je remercie chaleureusement les Agents littéraires et les éditions Livre unique de m’avoir donné cette occasion.
Les premières lignes du premier poème de ce recueil de Renée Vivien, citées ci-dessous, plongent le lecteur immédiatement dans l’ambiance : beaucoup de mélancolie en émane. Toute la beauté du monde offerte par les quatre vents est refusée pour le sourire d’une vierge. Les textes sont empreints d’une langueur romantique qui donne une tonalité particulière aux thèmes abordés, en relation avec la mythologie, qu’elle soit grecque ou scandinave. Ondines, Trolls, Ombres et créatures fantomatiques hantent les fjords et conversent avec des humains à la lisière des mondes
Les paysages et les ambiances sont évoqués en terme de couleur et de parfums extrêmement précis, sur un mode impressionniste, facilitant pour le lecteur la visualisation des scènes. A titre personnel, c’est plutôt sous forme de dessins que je me suis imaginé les différents tableaux.
Les thèmes abordés sont conformes aux préoccupations de la poétesse : sublimation de la femme, au travers de la symbolique mythologique, contrastant avec le statut particulièrement dévalorisé qui était le lot de ses consoeurs en ce début de vingtième siècle.
Par ses textes, Renée Vivien a illuminé les premiers années de ce siècle qu’elle a traversées comme une fulgurance. La légitimité de son combat n’était pas d’actualité : est-ce ce qui l’a conduit à des comportements d’autodestruction qui abrègeront sa vie? Elle quitte ce monde à l’âge de 32 ans, rejoignant ce domaine des ombres. Les écrits qu’elle laisse lui confèrent une part d’éternité.
> Extrait :
> Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Nord.
Il était vêtu d’un grand manteau de neige et sa couronne de glaçons étincelait
Il me dit : « Laisse moi t’emporter vers les immuables blancheurs »
« Tu verras les aurores incomparables, les mers immobiles et lumineuses, les montagnes
de cristal qui flottent sur les eaux et les solitudes pâles au fond de l’éternel silence. »
Je répondis au Vent du Nord :
» Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge »
Merci pour votre belle critique !
Je me permet de vous signaler deux autres titres de Renée Vivien réédités par le Livre unique : « Du Vert au Violet » et « Chansons pour mon ombre », autres expressions de l’immense talent poétique de la « Muse aux violettes ».
Merci pour votre belle critique !
Je me permet de vous signaler deux autres titres de Renée Vivien réédités par le Livre unique : « Du Vert au Violet » et « Chansons pour mon ombre », autres expressions de l’immense talent poétique de la « Muse aux violettes ».
Merci pour ces infos
Cela a été un réel plaisir de lecture