> Le livre : Brindezingue de Patrick Corrand, arHsens éditions, 240 pages, 18 €.
> Le pitch : Jugé « trop turbulent, trop nerveux, désordonné, instable, insupportable, épouvantable », Gaspard, 15 ans, est expédié par ses parents, sur les conseils avisés d’une assistante plus vacharde que sociale, dans une institution tenue par des ecclésiastiques où humiliations et châtiments corporels tiennent lieu d’éducation. Après s’être mutiné contre cette autorité, le jeune garçon s’isole dans un monde imaginaire de piraterie, de rencontres extraordinaires, de vagabondages à travers le monde.
[Cette critique a été rédigée par Caro, auteur du blog de Caro que nous vous invitons à découvrir]
> L’intrigue :
Années 60. Gaspard est un ado paresseux, turbulent, vif, qui ne fait rien de ses journées aux dires de ses parents. Après une ultime bêtise, ils décident de l’envoyer dans une maison de correction en Normandie.
L’établissement est tenu par des religieux et des anciens militaires qui ont fait l’Algérie. Il règne une discipline de fer et il n’est pas rare que les coups pleuvent.
Le premier but de Gaspard est de se « tirer » vite fait de là. Après quelques essais infructueux, il réalise qu’il est condamné à rester dans ce collège et à subir les pires brimades. Mais débrouillard et rebelle il mène la vie dure aux surveillants, multipliant les bêtises et les heures de colle jusqu’au jour où il rencontre une fille, Nora. Tout va alors changer…
> Mon avis :
Avant toute chose, j’ai beaucoup aimé la couverture de ce roman : une photo en noir et blanc et le dessin d’un jeune homme en mobylette (volée ?). J’ai également aimé le format de ce livre presque carré, facile à manipuler et agréable à lire !
Parlons maintenant de l’histoire en elle-même ! L’histoire de Brindezingue est racontée par Gaspard lui-même, cet ado rebelle qui déteste les règles. Ce choix de la part de l’auteur permet une grande liberté dans l’expression et dans le ton. En effet, Gaspard s’exprime avec ses mots d’ado des années 60, qui plus est un ado qui vient de la banlieue parisienne. Le ton est donc donné: argot, jurons, insultes, Gaspard est à lui tout seul un dictionnaire. J’avoue avoir été un peu déstabilisée au départ et puis je me suis faite à cette langue Ô combien vivante et très drôle. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de m’esclaffer. J’ai appris certaines expressions « pas piquées des vers ». Bref, une lecture qu’on imagine bien se faire à voix haute si possible avec la gouaille d’un titi parisien ! J’ai également remarqué que plus l’intrigue avance et plus Gaspard mûrit : son langage s’en ressent et devient plus policé, plus civilisé même s’il n’abandonne jamais tout à fait ses insultes chéries. Une évolution lexicale et langagière qui va donc de pair avec l’évolution sentimentale du personnage.
Parlons du personnage justement ! Gaspard m’a également beaucoup plu, même si rien n’était gagné au départ. Car il faut le dire : c’est un sale gosse auquel on a envie de mettre des taloches ! Mais au fil de l’intrigue on découvre un ado rêveur, un peu poète qui préfère s’enfuir plutôt que d’obéir à une société dans laquelle il ne trouve pas sa place. A plusieurs reprises, Gaspard confie son envie d’évasion : il rêve de L’île au trésor de Stevenson, d’être le nouveau Comte de Monte-Cristo. Bien souvent la réalité et le rêve se confondent chez lui au point de passer pour un fou auprès de Mme Zarbi, la psychologue. Gaspard est un rebelle qui veut décider de sa vie.
Certaines scènes sont très cocasses et très visuelles, une grande force de la part de l’auteur à mon sens. Je vous renvoie ainsi à la scène des Jeux Olympiques organisés par le collège de Gaspard où tout fout le camp à cause d’une vulgaire histoire de piscine. Encore une fois, Gaspard est dans le coup!
Un peu plus loin dans le roman, il rencontrera une fille, Nora. Ce sera le déclic. Il pensera alors à passer son bachot et à devenir indépendant, « tracer sa route ». Au fond, Gaspard est emblématique de la jeunesse des années 60, brimée et comprimée qui trouvera un moyen de s’échapper avec la révolution de mai 68.
Brindezingue est une belle découverte !
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Brindezingue ?
Jolie critique qui done envie de découvrir ce livre.
Hé je note ! merci.