« Aux entreprenants associés », d’Elisabeth Bost

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> Le livre : Aux entreprenants associés – La coopérative d’activités et d’emploi , d’Elisabeth Bost, éditions REPAS, 206 pages, 16 €, en vente sur le site de l’éditeur.

> Présentation : Qu’est-ce qu’une coopérative d’activités et d’emploi (CAE) ? Comment ça fonctionne ? Comment cette nouvelle forme d’entreprendre est-elle née ? Cet ouvrage propose de partir à la découverte de ce mode original d’entrepreneuriat. Illustré de nombreux témoignages, il appréhende tout autant le fonctionnement pratique que le projet politique qui sous-tend la CAE.

[Cette critique a été rédigée par Thomas Guyon du blog ninjentrepreneur que nous vous invitons à découvrir]

 

> Cet ouvrage est clairement militant, il promeut une manière d’entreprendre autrement et collectivement à travers l’expérience des coopératives d’activité et d’emploi. Moitié traité épistémologique du mouvement coopératif, moitié manuel pratique de combat social, cet ouvrage s’attaque à la quadrature du cercle de l’entrepreneuriat : « comment entreprendre en limitant les risques ? » et propose une approche originale basée sur la mutualisation.

Aux entreprenants associés a le mérite de traiter un sujet finalement trop méconnu. Ce livre construit en trois parties vous fera d’abord comprendre ce qu’est une coopérative d’activité et d’emploi (CAE) , avant d’en expliquer la genèse et les évolutions, pour finalement ouvrir vers leur avenir.

 

> Une expérience originale

La première partie est vraiment utile. Imaginez donc un peu : on vous propose de devenir entrepreneur-salarié ! Si certains statuts ne le permettaient pas déjà, on pourrait croire à un oxymore bien tassé !

On y découvre qu’une CAE est une forme d’organisation coopérative qui permet à un entrepreneur de lancer son activité en conservant ses allocations chômages, et en étant salarié. La structure le décharge aussi d’une part de ses tâches administratives et il peut ainsi se concentrer sur l’essentiel : trouver des clients et les satisfaire.

Dans cette tâche il pourra compter sur des échanges avec les autres salariés (dont certains sont de purs accompagnants) et sur des formations au métier d’entrepreneur. La forme coopérative permet à l’entrepreneur-salarié de s’impliquer d’avantage dans l’aventure collective en devenant associé.

La parole est donnée à quelques entrepreneurs de CAE, ce qui permet au travers de leur expérience de bien comprendre comment fonctionne cette expérience qui est très exotique pour beaucoup d’entre nous. A la fin de cette première partie, on finit par croire possible ce slogan de la CFDT : «  Libre comme l’individu, fort comme le collectif ».

 

> Un chemin parsemé d’essais et d’erreurs

Une passionnante seconde partie retrace les réflexions et tâtonnements qui ont mené les CAE jusqu’à leur forme actuelle. Cette partie aurait pu s’appeler « l’innovation sociale dans les faits : mode d’emploi ».

La démarche des CAE est vraiment crédibilisée par cette manière qu’a l’auteur, qui est une des pionnières du mouvement, de ne rien cacher de ses doutes et errements. Elle parle très simplement de son cheminement personnel, des gens qu’elle a rencontrés et de ce qu’ils lui ont apporté. On voit naître peu à peu un concept cohérent issu d’expérimentations de terrain.

Ce genre de récit est souvent l’occasion de règlements de comptes et de distribution de mauvais bons et mauvais points, mais même si cet ouvrage n’échappe pas complètement à cette tendance, cela reste supportable.

 

> Un essai à transformer

Certaines CAE ont connu un incontestable succès, comme Coopaname et ses plus de 400 salariés entrepreneurs. Pour les auteurs ce succès devrait permettre d’autres avancées, notamment en évoluant vers une mutualisation plus grande, non pas des moyens, mais des risques.

Il est très intéressant de lire en parallèle Enfin patron ! dont la critique est parue sur ce blog. A un même problème, qui est de permettre à l’initiative individuelle de s’épanouir, des réponses radicalement différentes sont apportées.

L’auto-entrepreneuriat gagne sans contestation possible la palme du succès numérique, et est une évolution très intéressante, mais je pense que les Coopératives d’activité et d’emploi tracent bien, quoique plus modestement, un chemin vers des solutions plus satisfaisantes à la fois pour l’individu et la société.


> Et si il fallait donner une note, ce serait :

> Aux entreprenants associés – La coopérative d’activités et d’emploi est en vente directement sur le site de l’éditeur.

 

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