> Le livre :Au pays des kangourous, de Gilles Paris, éditions Don Quichotte, 250 pages, 18 €.
> Présentation : Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien. En fait, le couple n’en est plus un depuis longtemps, la faute au métier de Carole, qui l’accapare. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole est une femme d’affaires, elle passe sa vie en Australie, loin d’un mari qu’elle n’admire plus et d’un enfant qu’elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, Simon voit son quotidien bouleversé. L’enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque et jamais mariée, adepte des séances de spiritisme avec ses amies « les sorcières », et prête à tout pour le protéger. Mais il rencontre aussi l’évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets, que les couloirs trop blancs de l’hôpital font paraître irréelle et qui semble pourtant résolue à lui offrir son aide.
[Cette critique a été rédigée par Myriam Veisse, auteur du blog de Mimi que nous vous invitons à découvrir]
> »Les grandes personnes sont difficiles à comprendre » ; « Elles sont parfois gentilles, et parfois non. Elles sont faites de tas de petits morceaux que je n’arrive pas à relier les uns aux autres. » Il n’a que neuf ans, mais il a déjà la réflexion d’une grande personne qui a gardé sa fraicheur d’enfant. Simon est un bambin comme les autres il aime jouer avec sa console Nintendo, a un papa, une maman, une grand-mère fantasque qui s’adresse aux esprits, ne manque de rien… enfin, presque rien. S’il est proche de son papa, écrivain, sa maman en revanche est plus préoccupée par sa vie professionnelle au pays des kangourous…
« Je vois si peu maman. Avenue Paul –Doumer, elle fait à peine attention à moi. Jamais de caresse sur la tête comme papa. Elle m’embrasse toujours sur ses doigts. Quand vient l’heure du coucher, c’est ce qu’elle m’adresse. Un baiser sur ses doigts, et elle souffle dessus pour qu’il s’envole vers moi. Mais le vent est toujours mauvais avec maman, et son baiser disparait avant de m’atteindre. »
Son père l’aime et le cajole autant que sa mère est distante. Simon constate, explique, décrit, mais jamais ne juge sa mère. Au contraire, il cherche au fur et à mesure d’en savoir un peu plus sur son enfance pour comprendre cette maman qui vit loin, qui l’aime sans aucun doute, à sa façon, mais ne semble pas très démonstrative. C’est avec Paul qu’il construit sa sensibilité. C’est avec son père qu’il fait l’apprentissage de la maladie, et du courage. Avec ses mots à lui il va poser des images sur les événements. Avec ses rêves, Simon grandit, et se rapproche de la vérité.
Simon, c’est le gamin qu’on a envie de cajoler ; c’est le gamin à qui l’on ne peut pas raconter d’histoire : il voit tout. Je me suis amusée quand il fait remarquer à Lola, non sans malice, en voyant ses deux brosses à dents, qu’on n’utilise pas deux brosses en même temps ! La vérité sort de la bouche des enfants… Et puis un jour, son petit monde bascule. Il est choyé et protégé par Lola, aimé par Lily… Ah, cette petite Lily, la petite fée.
Voilà un ouvrage qui est à la fois émouvant, drôle, triste et optimiste, tendre, plein de bon sens. Un livre avec lequel on s’interroge : quand doit-on dire la vérité aux enfants ? Que faire de son chagrin ? Le partager au risque de s’enfoncer, ou, le garder pour soi pour protéger l’autre ?
Un grand merci à Vincent des agents littéraires pour cette lecture douce, tendre, et profonde à la fois , et, que j’ai dégustée avec beaucoup de plaisir.
Voici un récit très tentant…
ce livre me tente!!!
J’ai testé ce livre moi aussi et globalement, j’approuve tout ce qui est dit ici !