« Au paradis sans préavis », de Cyrille Cléran

Au paradis sans préavis

> Le livreAu paradis sans préavis de Cyrille Cléran,  éditions de la rue nantaise, 98 pages, 20 €, en vente directement sur le site de l’éditeur.

> Le pitch : Cinq nouvelles parlent de solitude, de lâcheté, d’aventures, d’amours éperdues, de folie(s), d’épreuves fantastiques et de séminaires d’entreprises.

[Cette critique a été rédigée par Verobleue, dont vous pouvez retrouver l'ensemble des critique sur Babelio]

 

> Les nouvelles, c’est court et rapide, l’auteur nous entraîne en quelques paragraphes dans son imaginaire. On les lit à l’envie, l’une derrière l’autre ou de façon aléatoire en suivant le fil conducteur s’il en est. Au paradis sans préavis est un recueil de cinq nouvelles au format cahier d’écolier de moins de 100 pages. Avec ce recueil, Cyrille Cléran décortique les états d’âme de cinq hommes.

- la peur de la paternité pour En allant voir la mer
- la hantise d’être indigne du grand amour pour L’amoureux fou
- les délires d’un collectionneur fou dans La cinquième roue du carrosse
- le fantasme du survivant dans Oncle Henry
- les résolutions tardives d’un poivrot dans Au paradis sans préavis qui donne son titre au recueil.

Cyrille Cléran montre combien la vie de ces hommes est influencée par leurs peurs, fantasmes, hantises et délires secrets. Chaque portrait nous entraîne avec constance dans une atmosphère qui tient aussi bien du machisme, de l’énigme, de la fable ou du récit d’aventure. Ces nouvelles courtes sont des pensées plus profondes qu’on ne le pense lorsqu’elles montrent, avec le ton nonchalant de l’auteur, ce qui stimule réellement la vie de ces hommes.

Le style est plaisant, les phrases sont fluides, les personnages typés. J’ai appris des nouveaux mots : « apostasier » par exemple ce qui signifie perdre sa foi religieuse. Angelino Göthperz, le personnage de « la cinquième roue du carrosse » fait des apparitions surprises dans les autres nouvelles. Heureusement pour lui, d’ailleurs, vu la finalité de la quatrième nouvelle ! Mais bon, s’il était parti pêcher en montagne, il n’y aurait pas eu meurtre….

Emue par les deux premières nouvelles, entraînée par la quatrième, j’ai trouvé la nouvelle centrale carrément hermétique à la première lecture mais peut-être n’étais-je pas dans un bon jour. Je n’ai pas toujours été perméable à toutes les interrogations masturbatoires de ces hommes. Mais ce recueil est une façon particulièrement ludique d’aborder le fonctionnement de l’univers masculin. Sentiment mitigé donc.

 

> Extrait :

« Ma vie se résume à une succession de pérégrinations. Toujours en voiture : j’ai horreur de l’avion parce qu’on ne peut pas s’arrêter à l’endroit de son choix et rien qu’à l’idée d’enfiler un parachute en toute urgence, je sue. Le train est lui aussi d’une tristesse épouvantable, principalement à cause de la promiscuité : du reste, mon amour immodéré, hystérique, absolu et inexpugnable pour tout ce qui possède quatre roues (vous ai-je parlé de ma passion pour les bagnoles ?) est si enivrant, si jouissif, si massif que si j’avais la chance de mourir derrière mon volant comme James Dean, plutôt que dans un lit d’hôpital qui pue la vieille pisse et l’aigreur, je serai la plus béate des créatures. »

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait:

> Au paradis sans préavis est en vente directement sur le site des éditions de la rue nantaise.

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? A t-elle éveillé votre curiosité pour les nouvelles de Cyrille Cléran ?

 

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One Response to « Au paradis sans préavis », de Cyrille Cléran

  1. Cléran dit :

    Angelino Göhtperz, non content de faire des apparitions de temps à autres dans certaines de mes nouvelles, est également au catalogue des éditions de la rue nantaise, avec l’ouvrage « Les états généraux de la loose ».
    Où, là aussi, précisément, il est question de problèmes masturbatoires (décidément !), étudiés par le biais des soucis, des désespoirs et de la décrépitude d’un personnage, Jimmy Chemineau, qui connaît une véritables descente aux enfers, avec rien pour le retenir dans sa chute.

    Mais pour en revenir aux nouvelles de ce présent recueil, elles ont pour ambition de ne négliger aucun aspect de l’âme humaine ; et l’inconscient, le fantastique, l’invraisemblable, le dérisoire, le ridicule, le consternant, le honteux, l’incompréhensible, l’injustifiable ou le paranormal en font partie. Bref, un peu d’obscur en cet été si lumineux !

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