> Le livre : Amour et cruauté de Djaffard Si Ahmed, Mon petit éditeur, 322 pages, 26 €.
> Présentation : Elle, Hafsa, fille de la veuve Zoueirat, était heureuse de ses coups. La main de fer, qui la suppliciait, de laquelle elle voudrait encore souffrir, la secouait d’un désir sans cesse renaissant. Lui, Momed, dans ses prières, pressait son ventre, un petit ventre vierge de jeune pucelle, l’écrasant, d’une pression continue de fardeau, jusqu’à l’étouffer. Les obscénités, les coups, elle les acceptait, comme toute jeune fille sage, on tolérait tout à l’élu de son cœur. Mais, cette posture, cette attitude césarienne, ce pied souillé sur son cœur aimant, l’avait frappée de stupeur, lui ôtant jusqu’à la sensation de souffrance. Sans vice, nette de pêché, fille à la matrice propre, chaste, vertueuse et inaccessible, elle n’arrivait pas à s’expliquer la juste raison d’une telle explosion de colère.
[Cette critique a été rédigée par Fil de Diane, auteur du blog Fil de Diane's weblog que nous vous invitons à découvrir]
> Sur le coup en lisant le résumé de l’éditeur, je me suis dit « ouille », cela va être un peu dur à lire… et puis j’ai postulé pour ce partenariat en toute connaissance de cause et avec des a priori… Je savais d’avance que cette lecture allait me révolter. Effectivement, la condition de la femme, dans ce bidonville installé à côté de la décharge de la ville de Boufarik, est scandaleuse de mon point de vue de femme libre européenne. Attention, je ne dis pas que ces femmes ne sont pas révoltées de leur condition, mais elles se trouvent sous le joug des hommes de la famille ou des voisins.
Ces femmes sont violentées, violées, piétinée, battues à mort, humiliées juste par le simple fait qu’elles sont des femmes… Mais leur courage, leur volonté à s’accrocher à la vie est sans limite, c’est admirable. Malgré l’étouffement de l’homme, elles luttent pour rester en vie, leur misérable vie … mais une vie quand même.
Je heurte peut-être certains esprits avec mes mots peut-être mal choisis, je m’en excuse auprés d’eux. S’il y a une chose qui me révolte, c’est de rabaisser ainsi un être humain… Bon, je m’arrête, je ne veux surtout pas engager un débat, c’est juste pour dire si ce livre à soulever en moi des questions, des révoltes, des grondements, des réflexions.
Hafsa est défavorisée dés sa plus jeune enfance, son père meurt, sa mère reste veuve avec une jeune enfant sans homme et cette situation est très mal vu. Leur vie est un combat de tout les jours pour rester en vie, pour garder le respect de leurs voisins et voisines. Alors qu’Hafsa croit découvrir l’amour, elle ne s’attend pas à entrer dans le cercles d’homme si peu respectueux de la vie et de la femme. Elle va subir un véritable calvaire et grâce au courage et à la ténacité de sa mère, elle va enfin croire que son destin est bien meilleur, mais ailleurs, pas en restant dans le bidonville de Chabir.
Hafsa est une jeune fille, jeune femme impulsive. Elle essaie de se conduire honnêtement sans se faire remarquer, mais quelquefois la colère gronde tellement en elle qu’un vent violent l’emporte !
Par sa plume, l’auteur nous accroche à Hafsa, en décrivant sa vie, sa condition et ses erreurs, il fait naître en nous une sourde révolte. Comment peut-on traiter un être humain de cette façon ? On est bien loin de notre situation idyllique, nous, les femmes européennes libres ! L’auteur écrit sans jamais imposer son avis, il le fait naître en nous, juste par le fait de constatation, par la narration de la vie courante dans un bidonville, c’est un roman bien sûr mais on ne peut s’empêcher de penser que, dans certaines villes, la vie des femmes est aussi dure…
Dés les première pages, on est happé par cette violence, ce combat et on continue car on espère que au bout du compte le combat, la survie, la ténacité, le courage vont servir à quelque chose !
> Ce qui m’a plu :
Le personnage principal, Hafsa, par sa naïveté mais aussi avec cette impulsivité qui la fait grandir vite et lui fait comprendre toutes ces choses qu’elle ne tolère pas, qu’elle ne tolère plus. Cette envie qu’elle a de partir en espérant qu’une vie meilleure l’attend ailleurs. Par contre, j’ai haï Momed, ce lâche, ce tueur sanguinaire qui a besoin d’hommes de main pour frapper une seule femme et pour assassiner ceux qui ne pensent pas comme lui !
> En Bref :
Une découverte très importante pour moi ! Au vu de la 4ede couverture, je n’aurais pas acheté ce livre car les histoires de femmes bafouées ne me tentent pas mais, là, je dois dire que l’auteur m’a bouleversée. Si je n’avais pas postulé, je serais passée à côté d’une lecture très importante, captivante et révoltante. Merci Si Ahmed Djaffard pour cet incroyable moment de lecture !
> Extrait :
« Dehors, au bout de l’allée, à droite, sur un monticule d’ordure, deux enfants paraissaient affairés. Adlan, avec sa fourche,éventrait les sacs de plastique, pendant que Farid, son jeune frère, les vidait, triait les détritus, à la recherche de choses intéressantes. Les deux gosses ramassaient surtout des mégots »
@fil de Diane:
le 4ème de couv semble un peu racoleur… A la limite, c’est Justine de Sade.
Ce livre est-il vraiment ce que vous en écrivez ou simple prétexte à publier une histoire malsaine ?
Bonjour Saint-Luc. Honnêtement, je n’ai pas cherché à publier cette histoire; c’est plutôt elle qui s’est imposée à moi. Un jour de Juin, j’ai accompagné un directeur d’école pour qu’il dépose des dossiers d’élèves au lycée. Là, je fus surpris par ce que j’avais trouvé. Un lycée côtoyant un village, planté au milieu d’une décharge publique encore en activité. Voilà l’élément déclencheur de mes deux romans, dont « Amour et cruauté » est le second. Puis, commença mon enquête sur la vie des gens qui vivaient dans ces taudis. Et c’est la vie de chacun, hommes, femmes, enfants, que j’ai racontée. L’histoire en elle-même est fictive; c’est à dire prise dans son ensemble. Mais, des scènes de la vie quotidienne, les personnages, surtout Zoueirat et Hafsa sont véridiques et existent encore de nos jours.
Je vous remercie de lire « Amour et cruauté » pour découvrir l’horreur qu’ont vécu des femmes, surtout des jeunes filles, dans ce village lors de la décennie noire. Je vous invite Monsieur Saint-Luc à commencer votre lecture par le premier roman, dont je vous soumets le titre et le nom de l’auteur (je l’ai publié » sous un pseudo. « Le triomphe de l’ordure », par DEMHAIS Faradj
Ah non du tout, la 4ème de couverture est un passage du livre seulement.
Ce roman est bien plus que ce que vous semblez croire. Cette histoire m’a bouleversée, rien qu’une histoire de femmes qui avec le courage et la ténacité veulent se sortir de ce joug masculin et bien plus encore.
En aucun cas une histoire malsaine.
@fil de Diane:
le 4ème de couv semble un peu racoleur… A la limite, c’est Justine de Sade.
Ce livre est-il vraiment ce que vous en écrivez ou simple prétexte à publier une histoire malsaine ?
Bonjour Saint-Luc. Honnêtement, je n’ai pas cherché à publier cette histoire; c’est plutôt elle qui s’est imposée à moi. Un jour de Juin, j’ai accompagné un directeur d’école pour qu’il dépose des dossiers d’élèves au lycée. Là, je fus surpris par ce que j’avais trouvé. Un lycée côtoyant un village, planté au milieu d’une décharge publique encore en activité. Voilà l’élément déclencheur de mes deux romans, dont « Amour et cruauté » est le second. Puis, commença mon enquête sur la vie des gens qui vivaient dans ces taudis. Et c’est la vie de chacun, hommes, femmes, enfants, que j’ai racontée. L’histoire en elle-même est fictive; c’est à dire prise dans son ensemble. Mais, des scènes de la vie quotidienne, les personnages, surtout Zoueirat et Hafsa sont véridiques et existent encore de nos jours.
Je vous remercie de lire « Amour et cruauté » pour découvrir l’horreur qu’ont vécu des femmes, surtout des jeunes filles, dans ce village lors de la décennie noire. Je vous invite Monsieur Saint-Luc à commencer votre lecture par le premier roman, dont je vous soumets le titre et le nom de l’auteur (je l’ai publié » sous un pseudo. « Le triomphe de l’ordure », par DEMHAIS Faradj
Mise au point reçue 5/5 !
Eternel problème de ce qu’on met dans un 4ème de couv…
Ah non du tout, la 4ème de couverture est un passage du livre seulement.
Ce roman est bien plus que ce que vous semblez croire. Cette histoire m’a bouleversée, rien qu’une histoire de femmes qui avec le courage et la ténacité veulent se sortir de ce joug masculin et bien plus encore.
En aucun cas une histoire malsaine.
je ne croyais rien, je posais une question… Merci de votre réponse.
C’est surtout moi qui vous remercie de l’intérêt que vous avez apporté à mon roman. Encore une fois merci