« L’amant de papa », d’Yvan-Didier Barbiat

L'amant de papa

> Le livre : L’amant de papa d’Yvan-Didier Barbiat, auto-édition, 168 pages, 14 €, en vente sur le site de l’auteur.

> Le pitch : Hélène a épousé Yvan qui n’était autre que l’amant de son père. Sida et cancer en toile de fond et pourtant une magnifique histoire d’amour reçue en héritage.

[Cette critique a été rédigée par Florel, auteur du blog Livre-sse livresque que nous vous invitons à découvrir]

 

>Malgré quelques coups de sang, j’ai dans l’ensemble apprécié cette lecture. Même si ce n’est pas une lecture riche en enseignement de laquelle on peut tirer quelque chose –enfin, en ce qui me concerne- cela reste une lecture découverte qui n’est pas désagréable, avec les débuts bien tristes du Sida, et la vie des malades. En cela, d’ailleurs, ça fait un choc bizarre, car quand on compare ce que l’on sait du Sida aujourd’hui – transmission, comportement à risque… – à ce que l’on savait hier, cela fait une sacrée différence. On s’aperçoit que, finalement, même si ce n’est toujours pas une maladie dont on guérit, la science a fait quelques progrès.

En fait, ce livre m’aurait plu davantage et aurait été plus intéressant, si l’auteur avait caché sa misogynie flagrante. Bien qu’il évolue avec le temps, je dois avouer que certains passages m’ont sérieusement gonflée. Je ne supporte pas, mais absolument pas ce genre de mec ! Pour mieux comprendre ma colère, voici quelques phrases de l’auteur : « Mais il n’est pas né celui qui peut dire ce qu’une femme pense ! (Quand elle essaye de réfléchir !) » ou encore « Si les femmes savaient s’y prendre comme il faut avec les mecs, ça se saurait et il y’aurait moins de divorces et moins d’homos. » L’inverse est certainement vrai aussi ! « Mais tu sais les femmes maintenant, elles ne savent pas coudre, pas cuisiner, elles travaillent à l’extérieur, ne s’occupent pas des mômes  et s’étonnent d’être les divorcés de demain. Maintenant les mecs doivent tout se taper, les tâches ménagères, le boulot et la bonne femme ! Non mais ? Elle est où la liberté des hommes ? » La liberté de la femme, avec un arriéré pareil, n’aurait pas avancé d’un pouce !

Mais cette misogynie n’est hélas pas le seul point qui horripile. Les jugements trop hâtifs, les préjugés flagrants sur les femmes, mais aussi sur les hétéros que l’auteur porte trop facilement, sont terriblement durs à supporter. On juge, on juge, mais est ce qu’on se regarde ? Franchement, on peut se demander si l’auteur s’est remis au moins une fois en question dans sa vie.

En revanche, je suis d’accord avec l’auteur, et ce livre n’est pas dénué de bon sens, quand il dit que les bureaucrates, les psychologues… font un métier qui parfois les dépassent complètement en ce qui concerne les enfants, et que ce qui compte avant tout pour eux, c’est l’argent qui tombe en fin de mois.

« Des moutons de Panurge qu’il ne faut pas supprimer car sur le plan économique, l’enfance en « perdition », ça fait marcher, les avocats, les éducateur, les psychologues, les assistances sociales, les centres sociaux, les foyer d’accueil, les personnels de garde agrées et j’en passe… Tout un petit monde qui regarde son porte-monnaie avant de se pencher réellement sur le problème de l’être et de son devenir. »

Je dois avouer que le langage trop familier qu’use Yvan-Didier Barbiat est un point assez dérangeant, même si cela dépend des moments du livre. Honnêtement, j’ai par moment trouvé le texte trop cru. Ajoutez à cela quelques scènes chaudes, et cela peut vite dégoûter de la suite de la lecture. Je dois avouer que ce genre de scènes me gêne même dans d’autres livres, mais le langage utilisé peut parfois adoucir les choses, et ici non. Bien que les scènes en question soient au demeurant très courtes, l’auteur ne cherche pas à les adoucir, et c’est vraiment dommage. Moi sensible ? Nooooooooon. C’est juste que je ne comprends pas comment l’être humain peut ne se sentir exister que par l’expression de ses plus bas instincts : bouffe, sexe, argent, pouvoir.

En résumé, malgré certains points négatifs, ce fut une lecture intéressante – surtout que j’ai inauguré dans le genre – mais voilà, je ne suis pas une lectrice passive donc, forcément, je m’énerve si je ne suis pas d’accord.

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> L’amant de papa est en vente sur le site de l’auteur.

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? De manière générale, pensez-vous que l’auto-édition puisse amener à des dérives, en permettant librement l’expression de points de vue à l’emporte-pièce ?

 

Print FriendlyImprimer

6 Responses to « L’amant de papa », d’Yvan-Didier Barbiat

  1. pyrausta dit :

    et bien en tant que femme je partage parfaitement l’enervement de Florel.Du coup je n’ai pas envie de passer mon temps à lire ce genre de livre…

  2. barbiat dit :

    A pYrausta , comment dire ne pas vouloir lire un livre en écoutant l’opinion d’une seule personne qui a insisté sur le caractère mysogine de l’auteur sans y voir la merveilleuse histoire d’amour vécue avec une femme…. L’auteur ne doit pas être aussi mysogine que cela… Il faut se faire sa propre opinion… bises à ces dames aux idées toutes reçues.

  3. Vincent dit :

    @ Barbiat : j’ai modéré les phrases dans votre commentaire où vous vous livriez à des attaques personnelles en direction de Florel, la rédactrice de cette critique, et qui étaient inacceptables.

    Ce blog est constitue un espace de débat et d’échange entre auteur et internautes, en vue de permettre à ces derniers de se faire la meilleure idée possible des ouvrages et de choisir de les acheter (ou non) en toute connaissance de cause.

    Toutefois, la condition minimale pour que ce dispositif fonctionne est de faire preuve de respect et d’accepter les avis des uns et des des autres.

    En l’occurrence, Florel a rédigé un compte-rendu de qualité sur votre ouvrage et, même si vous ne partagez pas son point de vue, il est hors de question, je le répète, de vous livrer à des attaques personnelles.

    D’autant, je vous le rappelle, que, même si elle a émis certaines réserves, son impression d’ensemble sur votre livre s’avère être positive.

    Maintenant, le débat concernant la misogynie ou non de certains propos est ouvert, et le champ vous est laissé libre pour vous exprimer.

    Personnellement, j’ai lu plusieurs passages de votre livre et certaines phrases m’ont également interpelé. Celle-ci, déjà citée par Florel, par exemple : « Si les femmes savaient s’y prendre comme il faut avec les mecs, ça se saurait et il y aurait moins de divorces et moins d’homos. »

    Comment faut-il prendre cette phrase ?

  4. pyrausta dit :

    Barbiat,désolée si ma réaction vous a froissé et que je ne tienne pas à lire un livre qui soit ,au vu des phrases citées par Florel ,aussi intolérant.
    Tout comme je ne ne lirais pas un livre antisémite ou homophobe.Il y a tellement de beaux romans qui apportent autre chose que la haine de l’autre.

  5. Florel dit :

    Bonjour,

    Mr. Barbiat je suis désolée si je vous ai vexé, bien que ce livre m’est dans l’ensemble plu, c’est vrai que cette misogynie m’a fortement agacée, et je ne pouvais pas passer au travers. Bien que j’ai précisé qu’il y’avait une évolution avec le temps.
    Quant à l’histoire d’amour avec votre femme désolée, mais elle m’a fait ni chaud ni froid, c’est une histoire comme y’en a partout sur cette planète… Je ne suis pas sans cœur mais l’amour me laisse souvent indifférente, où m’interpelle à peine.

    Cordialment.

  6. SAINT-LUC dit :

    @ Monsieur BARBIAT.
    Mais c’est incroyable cette manie qu’ont certains d’être d’accord pour voir rédigée une critique sur leur bouquin à la seule condition qu’elle soit positive !
    Quelqu’un vous a-t-il mis le couteau sous la gorge dans le but de vous forcer à adresser votre livre à un ou une blogueuse ? Je doute fort…
    Donc vous avez accepté un jeu, et vous devriez la jouer « fair game ».
    Les spectateurs en veulent rarement à ceux qui perdent un match, mais se souviennent de ceux qui contestent les arbitres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

You can add images to your comment by clicking here.